interview

Dans le cadre de la sortie de leur brillant premier album When I Have Fears et en pleine tournée marathon, The Murder Capital et l’un de ses guitaristes Damien Tuit (à droite de l’image) revient sur la mise en boite de ce premier disque et sur leur relation au public, notamment en France. (interview et photos par Laetitia Mavrel )
 
LOAL : Nous avons assisté à ton concert en mars dernier à Paris à la Boule Noire, l’ambiance et le public étaient incroyables ! Le groupe n’ayant alors que deux singles, qu’attendiez vous de ce premier concert français ?
 
Damien : Nous ne pensions pas qu’il y aurait autant de monde. Nous nous attendions à trouver des spectateurs moins captifs, mais c’était tout le contraire ! C’était très encourageant.
 
The Murder Capital James McGovern et Damien Tuit
 
LOAL : Votre premier album When I Have Fears est très personnel, les thèmes sont très sérieux du fait de ce que vous avez vécu pendant sa production. Tu n’as pas peur d’être étiqueté d’office comme groupe « sombre » et « torturé » ?
 
Damien : Les gens collent facilement des étiquettes. Il faut donc réussir à transmettre ce que l’on ressent au moment où nous le faisons. Il faut être honnêtes avec nous même et amener le public dans la direction que nous souhaitons.
 
LOAL : C’est très courageux de délivrer un album aussi intime que ce premier disque. Mais une partie du public francophone risque de ne pas comprendre le véritable sens des chansons s’il ne maitrise pas bien l’anglais. Comment envisages-tu de leur transmettre ces messages ?
 
Damien : L’expérience de la scène est très importante, c’est là que nous distillons toute l’énergie et l’émotion que nous ressentons. Mais la barrière de la langue est parfois difficile à surmonter !
 
The Murder Capital à la Boule Noire 29 avril 2019
 
LOAL : Avez-vous déjà de nouveaux morceaux sous le coude ? Vous ne cessez de tourner en ce moment !
 
Damien : Oui, nous serons tout cet été en festival en Grande Bretagne et en Europe. Puis nous enchainons avec 7 semaines de tournée cet automne. Il me tarde de revenir à Paris et en France ! Du coup, nous essayons de travailler à de nouvelles compositions entre deux concerts.
 
LOAL : Tu ressens une différence entre jouer dans une salle et dans un festival ?
 
Damien : Oui c’est complètement différent ! Le fait d’être à l’extérieur et de jouer relativement tôt en festival rend l’expérience moins personnelle. On doit d’autant plus capter l’attention des spectateurs.
 
LOAL : Penses-tu que les réseaux sociaux, très utilisés par votre public, participe à votre succès ?
 
Damien : Oui c’est indéniable. Leur effet est tellement global, touche tellement de monde. Mais personnellement, j’essaye de m’en extirper le plus possible et finalement le groupe cultive peu cette tendance.
 
LOAL : Quelles sont vos références musicales du moment ? De nombreux médias vous comparent à Joy Division lors de leur premier album Unknown Pleasure . Vous assumez cette comparaison ?
 
Damien : Oui cette référence revient souvent ! Nous avons tous les 5 des goûts très différents, personnellement j’écoute entre autre pas mal de Tom Waits. Mais nous essayons de ne pas nous laisser influencer lors des compositions, nous voulons rester nous-même.
 
James McGovern (chant) et Damien Tuit (guitare)
 
LOAL : Un petit mot sur ce qui se passe outre-manche, concernant le Brexit (bien que l’Irlande ne soit pas directement concernée). Pas mal d’artistes redoutent les conséquences pour l’industrie musicale. Vous en parlez entre vous ?
 
Damien : Ce Brexit ne mènera nulle part. Trop d’énergie et d’argent y sont consacrés. Ainsi que trop d’importance à ses acteurs. Je ne pense pas qu’il y aura tant de conséquences dans l’industrie musicale.
 
LOAL : Vous êtes plutôt jeunes (ndlr : la vingtaine à peine pour tous les 5) , est-ce que vous vous considérez encore en phase d’apprentissage dans votre pratique musicale ?
 
Damien : Oui, tous ces concerts nous apprennent à mieux communiquer entre nous quand nous jouons, cela devient plus fluide. Pour ma part j’ai commencé la guitare il y a de cela 11 ans, j’en ai 21.
 
LOAL : Vivement de vous retrouver cet été notamment à Rock en Seine …
 
Damien : Oui j’ai hâte ! Il me tarde de voir Deerhunter, je les adore.
 

Chronique de l’album When I Have Fears ici

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