chronique

ALICE ANIMAL
/ Album « Tandem »
/ Sortie le 28 Mai 2021

// On ne le dira jamais assez, mais la détermination d’une artiste à rester authentique, sa volonté à ne pas se calquer aux formats dictés par les majors et les contingences de la mode, sont les secrets de la longévité. Alice Animal incarne cette liberté artistique, son parcours est dédié à la musique, sa guitare comme la prolongation même de son corps. Mais Alice Animal ne se résume pas seulement à la beauté du geste, ses textes et sa musique sont tout autant interdépendants.

Cette liaison ne date pas d’aujourd’hui, après « Théogonie » en 2017, elle poursuit cette aventure en s’offrant même la plume de Kent sur deux titres « Finir à L.A » et « On a qu’une vie » en duo s’il vous plait.

Tandem (sortie single le 20 mai 2021) évite les clichés, les abus de remplissages inutiles. La musique est pensée, écrite comme un traité de philosophie, avec une rare intelligence. La langue de Molière est un exercice parfois difficile mais Alice Animal sait manier les mots, les tordant pour leur donner la forme désirée, et les déclame sur un groove élastique particulièrement efficace. Cette aisance textuelle est pleinement ancrée dans la structure musicale de ses compositions, et son chant se cale à merveille à chaque recoin rythmique.

Alice Animal est réfractaire à la morosité du monde et cela s’entend, mais elle est une chanteuse réaliste qui s’inspire de l’actualité et s’octroie le droit de s’en extirper avec les mots « Ça se bouscule dans l’hémisphère, à droite à gauche de la planète comme un shaker à grande vitesse ».

Que ce soit avec « Mauvais Garçon » ou « On est Barock », Alice Animal attise l’électricité pour mieux la contenir et la libérer.

Et pour couronner le tout, l’album a été confié à Vincent Faucher (producteur et musicien pour Bernard Lavilliers), il ne vous reste donc plus qu’à patienter sagement avant la sortie de l’album.

(chronique : Franck irle)

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