chronique

BRUNE
/ Album « Sombre Animal »
/ Sorti le 29 Mars 2019

// C’est en mars 2017 que nous croisions Brune à Tourcoing dans un concert qui n’était pas le sien mais qui m’a appris à connaitre son existence, à découvrir ses multiples facettes de par ses premières chansons issues de son premier album aux sonorités french-pop, puis avec le groupe Cavale, fondé avec Valentin Montu aux tonalités plus synthétiques, modulant une musique plus sombre et dense. A l’époque, un nouvel album était en préparation pour Brune et c’est ce long parcours, parfois certainement tortueux qui nous amène aujourd’hui à découvrir enfin « Sombre Animal ».

Brune

Ayant toujours gardé dans un coin de ma tête la sortie de cette album, j’ai guetté de ses nouvelles au fil du temps et c’est quelques mois après notre rencontre que sort le premier single, « Cyclones », plutôt sombre et énigmatique dans son introduction aux ambiances fantômatiques dans lesquelles Brune distille d’une voix superbe les doutes d’une relation amoureuse. Tous les ingrédients y étaient pour annoncer un magnifique album.

La patience se mêlant à l’impatience, cela finit toujours par payer, car nous voici tous récompensés par un album impeccable tant dans les mots que dans les mélodies. Une musique dense et énergique, pop coloré d’électro mais qui sonne aussi très rock. Les guitares sont à la fois explosives et sensibles. Valentin Montu a réalisé l’album et l’alchimie fonctionne plus que jamais avec Brune.

Alors évidemment avec un tel album entre les mains je n’ai pu m’empêcher de le dévorer. Les mots sonnent si justes et révèlent une certaine maturité dans l’exploration des sentiments humains face à la complexité de la vraie vie, du quotidien. Ce « Sombre Animal » qui ouvre les portes de l’album nous le démontre bien et recherche un idéal, en quête de simplicité et d’amour.

Une envie de redevenir sauvage pour se dégager de tous ces sentiments formatés.

Brune se dévoile et c’est son cœur qui parle. Ici pas de naïveté. On sent une envie de lâcher prise. Le titre « La Pilule » donne un grand coup de pied dans les contraintes du quotidien. Dynamique et vitaminé, c’est un élan vers la liberté de tout foutre en l’air et prendre un bon bol d’air frais, vivifiant !

« Est-ce que c’est du vent » relate un amour hésitant, mêlant doute, peur et mensonge. « Je vois rouge », titre très rock sur l’égoïsme, les faux-culs et un Monde qui stagne dans une certaine médiocrité.

« Rien n’est grave », le deuxième single de l’album. Magnifique ballade bluesy mélancolique évoquant l’envie de légèreté, de détente. Les liens fragiles de l’amour, entre le renfort et la rupture, ne tiennent parfois qu’à un « Fil de fer ». À nouveau, la complexité des relations dans celle du monde moderne.

« Sombre Animal » est un album en phase avec son époque. 11 titres tout autant addictifs les uns que les autres. Quand je me surprends à fredonner certains refrains en pleine journée, je me dis que c’est gagné pour Brune. Je ne suis pas le premier et loin d’être le dernier. Cet album à un bel avenir. Une chose est sûre c’est que maintenant je n’ai plus qu’une envie, c’est d’aller voir Brune en concert et j’ai bien dans l’idée que ça va envoyer dur, ça sent l’ambiance très intense, très sensible et très rock.

Aussi une dernière petite chose…
« Sombre Animal » se termine par une véritable pépite, ou plutôt devrais-je dire un diamant ! Le titre « Comment feras-tu » est une pure merveille en tous points. Un texte magnifique chargé d’émotions aux éclats nostalgiques, un cri d’amour aux choses, aux gens et au temps qui nous échappent et que l’on voudrait retenir. Une cruauté à laquelle on a souvent du mal à échapper.
(chronique : Vincent Gaillard)

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