chronique

RED SUN ATACAMA
/ Album « Darwin »
/ Sortie le 17 Juin 2022

// Depuis 2015, le trio Parisien Red Sun Atacama prodigue sa musique à forte teneur rythmique et mélodique, le pied rivé à l’étrier, appuyant sur l’accélérateur pour une embardée vers des contrées rougeoyantes que Licancabur (More Fuzz Records) avait auguré en 2018.

On retrouve justement cette patte hispanique perceptible dans l’introductif 11-CH, parfait dosage pour une ordonnance lysergique aux propriétés bénéfiques pour s’évader et quitter momentanément son enveloppe charnelle. La pochette justement, où se dressent deux têtes monstrueuses aux couleurs radioactives, est la résurgence de créatures canidées du passé, comme observées au travers du télescope James Webb. Passé à l’infrarouge, Furies s’enchaîne et déchaîne toute la puissance que le trio est capable de produire, un Big Bang sonore, une capsule monolithique qui s’ingurgite d’une traite.

Red Sun Atacama représente le desert-rock dans sa plus pure essence, au travers d’un faisceau généalogique et volcanique forgé dans le feu. Signé sur le prestigieux label indépendant Mrs Red Sounds dont sont issus Little Jimi, Witchfinder, Datcha Mandala, l’éventail musical s’élargit d’une flopée de productions emblématiques d’une scène Heavy Psych revendiquée comme telle.

Posant ses pieds dans la poussière, comme un étendard planté sur le sommet du volcan Darwin, Red Sun Atacama a choisi les paysages brûlants du désert, et pour en retranscrire les reliefs, le trio ne cesse de recourir à de subtils changements dans le phrasé associant rythme et mélodies faisant monter les vu-mètres dans le rouge.

Les ambiances atmosphériques glaciales de Antares illustrent l’amplitude thermique caractéristique de ces lieux arides en envolées célestes pour retomber ensuite sur terre. La voix rocailleuse de Clém Márquez, dissiminée sur Echoes, semble surgir des profondeurs pour enrober l’ensemble créant un bloc d’une puissance vrombissante et totalement magistrale.

Pour encore plus apprécier l’album, la version vinyle est disponible en version marbrée orange et noir.

(chronique : Franck irle)

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