chronique

THE BLUE STONES
/ Album « Hidden Gems »
/ Sorti le 19 Mars 2021

// Il est curieux de voir comment la musique et les mots écrits par d’autres – des individus parfois proches et parfois très éloignés de nous, à la fois dans l’esprit et les sentiments – peuvent décrire qui nous sommes – ou ce que nous aspirons à être – d’une manière plus transparente que celles prononcées par soi-même. Ils peuvent le faire de différentes manières, de façon polyédrique.

Le duo Canadien The Blue Stones nous offre un trésor caché, un disque attachant qui d’emblée se distingue par un phrasé vocal mélodieux qui effleure chaque mot avec une justesse bluffante couplé à une énergie redoutable.

La production de ce deuxième album a été confiée à Paul Meany (Twenty One Pilots, Muthemath) et le résultat du premier single « Spirit » tient toutes ses promesses. Le chanteur Tarek Jafar connait la frustration de ceux qui savent le plaisir minuté et se livre dans un condensé d’indie rock à une véritable confession de son for intérieur, cette déchirure permanente qui semble isoler l’individu des autres.

« Lights On » qui augure l’album fait preuve d’une palette sonore d’une totale maîtrise, avec cette chaleur doucereuse émotionnelle, la quintessence d’un travail d’orfèvrerie, un bijou étincelant qui compte, parmi ses étincelles et son éclat incomparables, tout ce que devrait être le rock actuel : drame, bonheur, illusion, compassion.

La voix de Tarek, délicate, mélancolique, sinueuse, implorante, pieuse, s’accompagne de lignes mélodiques qui se télescopent pour aboutir vers une explosion totale, cet enchantement que nous aimerions éternel, la fugacité du moment le plus heureux.

(chronique : Franck irle)

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