chronique

OSLO TROPIQUE
/ 1er EP
/ Sortie le 21 Mai 2021

// Oslo Tropique souffle le froid et le chaud sur les braises encore fumantes d’un macrocosme glacial, le nom du groupe traduisant justement cette dualité comme étant le reflet d’un monde en constante contradiction, une mise en lumière sur les abîmes d’une société aux paradoxes multiples.

C’est cette lucidité que le quatuor exprime au travers d’une musique-refuge pour les oubliés, pour les visionnaires de l’utopie et les spécimens en voie de disparition.

C’est aussi un disque qui ne manque pas de charisme et qui est capable d’allumer les fusibles du plaisir, aux compositions condensées dans un format efficace où la musique n’éclipse pas les textes.

Le premier titre extrait de l’EP « Un pavé dans l’écran » va au bout de cette logique, dénonçant en même temps l’immobilisme et la révolte tous deux neutralisés par le spectacle qu’offre les médias, cette devanture des ivresses qui anesthésie les esprits.

La thématique centrale de ce premier opus n’est pas seulement un positionnement idéologique, le contenu est surtout la bande son du réel, compositions imparables et efficaces, d’une intelligence presque rare.

Les titres de ce premier EP ont toutes les bonnes raisons de conquérir le public. « Les Grands Palaces » ciselé comme un diamant, possède une énergie jubilatoire, avec cette élégance organique qui faisait défaut au rock Français. « L’amour et ses fantômes » est tout autant accrocheur, décoré par un substrat plus pop.

Oslo Tropique a compris que pour faire ressentir un peu de personnalité dans leur musique, il faut surtout y insuffler de la déviance, de la roublardise, histoire de déboulonner de son siège le spectateur.

(chronique : Franck irle)


(Oslo Tropique en direct d’El Mediator – Perpignan – 4 mars 2021)

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