chronique

CHAPI CHAPO & Les Jouets Electroniques
/ Album « Collector »
/ Sorti le 4 Décembre 2020
/ Label : Music From The Masses

// Une chronique idéalement conçue serait basée sur le contenu d’une interview préalable avec l’artiste lui-même ou sur le parcours complet de sa discographie. Ceci dit, la carrière du personnage qui nous intéresse aujourd’hui est suffisamment étoffée pour en dresser les contours. Son nom ? Patrice Elegoet, alias Chapi Chapo.

Collectionneur et recycleur de jouets, c’est une pléiade d’objets multicolores ludiques exhumés de l’oubli qu’il réanime pour créer une musique assimilée et inspirée des pionniers tels que François de Roubaix ou Mort Garson, cette nébuleuse de musiciens jouant avec des instruments improbables.

Une orchestration savamment élaborée à partir de stylophones, clochettes, tambourins et autres objets amassés au fil du temps. C’est en tant qu’artisan sonore et défricheur du passé qu’il compose une musique atypique, vibratoire et vivante. Chaque objet raconte son histoire et exprime au travers d’un langage articulé, son histoire. Son dernier opus récemment publié, quatrième album de sa discographie, nommé Collector, fait la place aux synthés analogiques des années 80.


(©photo : Patrice Elegoet)

La pochette parle d’elle-même, bidouillages, bricolages et assemblages de claviers cheap sont gratinés d’une ribambelle d’invités issus de la scène rock alternative qui viennent poser leur voix (Maxwell Farrington, Laetitia Sheriff, Jad Fair, Rachel Barreda Horwood, G.W.SOK, Troy Von Balthazar, Emilie Quinquis).

La démarche artistique de Patrice Elegoet en est toute autant fascinante : chaque composition se créée à partir d’un jouet, tissant un motif à partir d’une tessiture restreinte, s’additionne un autre jouet qui donne une direction musicale et élargit la construction mélodique. Une fois finalisée, la chanson prend forme avec l’adjonction vocale d’un des invités, sans consigne particulière, ce qui permet une réinterprétation totale de la composition. En parcourant cet album, on navigue entre musique fun et parfois Trip hop, du premier titre, « When we Was Older » minimaliste et lo-fi à son point culminant qui est sans aucun doute « Seller Keller« , totalement inattendu et imprévisible. Un tel disque méritait bien un tirage vinyle et sa récente sortie tombe à pic pour conclure une année particulièrement indigeste.

(chronique : Franck irle)

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