chronique

JOEL GABRIELSSON
/ EP « Citadel »
/ Sorti le 12 Mars 2021

// Dans les classifications inutiles et obsessionnelles que nous faisons habituellement de la musique, il y a ces étoiles errantes d’une perpétuelle luminosité qui émettent un signal comme pour nous délivrer un message. Elles sont vues au travers d’un prisme narratif, des croquis hors du temps, transcriptions de l’intime qui illustrent des vies, des désirs. Cette obsession qui nous consume, questionnant le sens même de la vie. Des histoires loin du prosélytisme grégaire, conscientes de leur irrémissibilité.

Le premier EP de Joel Gabrielsson nous ouvre les arcanes d’un monde sensible, cette proximité unique qui a la qualité de photographier le rêve en lui donnant l’apparence du réel.

Le piano de « Citadel » qui intronise l’EP mêlé aux harmonies vocales est une invitation à l’exil, un refuge où le temps semble s’être suspendu. La mélancolie troublante qui s’en dégage est une expérience sensorielle où les sentiments sont explorés dans leur moindre recoin, un condensé d’émotions sans une once d’auto-apitoiement pleurnichard, sans la moindre théâtralité superficielle, sans l’ombre même d’une démonstration virtuose.

Cette beauté effleure la peau, elle est sublimée avec « Remain », magistrale trame folk ornée d’un violoncelle envoûtant, dont les voix dansent tout autour.

« Morning Light » poursuit cette trajectoire avec cette grâce rare qu’elle en devient touchante. Le compositeur Suédois dessine des motifs qu’il convient de qualifier de petits bijoux d’orfèvrerie.

S’émerveiller à chaque écoute, revenir en arrière dans le temps, des compositions qui nous semblent familières, quelque chose de magnétique nimbé d’une fébrilité apaisante. Une simplicité qui renoue avec ce que nous sommes, face à nous-mêmes, devant la désolation de ce monde agonisant.

(chronique : Franck irle)

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