chronique

MONOKINI
/ EP « Merci Bisous »
/ Sortie le 26 Novembre 2021

// La musique populaire est devenue au fil des décennies un vecteur d’identité incontournable et c’est à travers le prisme de l’indépendance que de nombreux artistes ont cherché d’autres canaux de distributions. Le groupe Monokini a choisi d’inaugurer son premier EP avec une grammaire ludique en référence aux icônes anti-yéyé des sixties (Charlotte Leslie, Christine Pilzer, Clothilde…).

Le groupe cultive un certain penchant pour le décalé, avec un sens de l’humour élaboré et une modernité classieuse.

Le timbre vocal de Brunehilde Yvrande se greffe parfaitement à la section rythmique, mais n’y voyez pas uniquement un quelconque revival, les membres de Monokini baignent depuis longtemps dans cette culture anachronique et pourtant ô combien stimulante !

« Quand c’est non, c’est non » qui inaugure l’EP n’est pas dépourvu d’un message adressé aux garçons, le décor est planté là comme dans un film Fumetti.

Emblématique de cette scène française oubliée, Monokini s’adresse à un public lié par une commune affiliation à un style marginal, mais pas seulement. Revendiquant l’insolence comme art de vivre loin de la classification abrasive des genres, le quintet fait preuve d’un talent indéniable avec des titres comme « Tu avais raison » (le farfisa clinquant) ou « le Temps du rock’n’roll », régénérant un paysage musical parfois ankylosé.

Sitar, orgues, guitares filandreuses, ce disque pourrait surprendre les plus sceptiques et étonner les oreilles d’un public peu habitué à ce genre musical.

Monokini tord les mots avec un tic contagieux, le lexique foisonne de trouvailles syllabiques, s’exonèrant des interdits, des tabous.

(chronique : Franck irle)

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