chronique

KEVIN MORBY
/ Album « Oh My God »
/ Sortie le 26 avril 2019

// L’annonce d’une sortie d’album de Kevin Morby s’entoure de beaucoup d’expectations. La qualité de son travail montant crescendo, comment à un moment ne pas craindre un loupé ? Rassurez-vous bonnes gens, vos prières ont été exaucées car ce Oh My God est de toute beauté.

Kevin Morby est un auteur prolifique. Non pas dans la surabondance d’albums, mais bien quant à son inspiration et à sa capacité à la traduire dans une musique et des paroles riches en émotions et en réflexions.

Depuis ces début en 2013, Kevin Morby est passé d’un genre plutôt folk classique et dépouillé avec Harlem River, à une musicalité plus rock au travers de Singing Saw et City Music. L’état d’esprit a alors évolué sur ces quelques années. La maturité acquise en changeant de mode de vie, en subissant les transformations de la société américaine surtout depuis l’élection de Trump et le passage à la trentaine ont rendu sa plume pleine de sagesse.

Le titre de l’album n’est pas trompeur : il ne s’agit pas ici d’une ode à la religion mais plutôt d’une réflexion sur ce que l’on peut attendre d’un dieu auquel on ne se trouve pas forcément lié mais qui demeure omniprésent. Les titres offrent des bribes d’histoires, des extraits de vies plus ou moins tragiques où l’on en vient à prier un dieu auquel on ne croit pas forcément.

Les sonorités sont gospel, avec la présence de piano, de flûte, de harpe et de saxophone offrant de la consistance et enrobant les textes d’une véritable émotion. Un son un peu jazz, voir blues donne une patine late 70s des plus envoutante. La guitare est toujours présente, mais se fait plus douce et discrète.

Les mauvaises langues prétendront que Kevin Morby traine un pessimisme ambiant. Il est vrai que l’artiste ne se démarque pas par ses envolées électrisantes à coup de rythmique punk ou de riffs de guitares survoltés. Néanmoins, vu la qualité de l’écriture et la parfaite harmonie des compositions, le choix d’écouter Kevin Morby se fait en pleine connaissance de cause, à savoir l’envie d’être bercé par un rock profond et mélancolique, mais justement équilibré afin de ne jamais tomber dans le mielleux. Le couplet de Piss River est en ce sens évocateur : I tried to pray but I didn’t know what to say
So I just mumbled some names
I said, « I hope they’re okay then amen »
They were the names of my family and friends
Oh, the planet’s so lonely and the planet’s so cold
And if I’m so lucky I’ll die when I’m old

Authentique, mélodieux et touchant. Ajoutez à cela un timbre de voix jamais arrogant, et vous serez alors convaincus d’aller voir Kevin Morby sur scène dès ce mois de juin, les prestations live étant à la hauteur de la qualité des disques.

Kevin Morby en tournée (toutes les dates à retrouver sur le site ci-dessus)

– 14 juin, Ancienne Belgique, Bruxelles, Belgique

– 20 juin, Cabaret Sauvage, Paris (75)

– 11 juillet, Rock School Barbey, Bordeaux (33)

– 12 juillet, le Théatre de Garonne, Toulouse (31)

– 14 juillet, La Cave aux poètes, Roubaix (59)

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