interview

Western sensible dans la campagne picarde avec Ali Danel et sa chanson cowboy au timbre doux. Trois albums entre 2017 et 2019 et un dernier single, »Gentil Cowboy » paru tout récemment, avant la sortie d’un album de reprises consacré aux artistes qui ont partagé la scène avec lui, intitulé « Première partie », prévu ce 5 Juin 2020. À l’occasion de son passage au festival à vivre à la Maison « Les Oreilles Au Salon », quelques questions posées sur son ressenti actuel.
(Mai 2020 – par Hervé Collet.)


(©Photo : Laurène Vatier)


(Live « Les Oreilles Au Salon » – 03 Mai 2020)

On vit une étrange période où les concerts s’annulent, les sorties de CD sont souvent décalées. Comment vivez-vous cela au niveau professionnel et personnel ?

C’est très agréable pour moi d’avoir pu profiter des six semaines passées pour enregistrer mon album « Première Partie », qui sortira le 5 juin, et de nouvelles chansons, écrites depuis l’été dernier.

Je suis beaucoup moins dérangé et je peux travailler intensément pendant de longues plages horaires. Ce dont je rêvais depuis longtemps : avoir enfin le temps de produire dans une telle tranquillité !

En plus, il y a moins de bruits, de véhicules ou d’avions, qui perturbent facilement mon travail dans mon home-studio qui n’est pas du tout insonorisé… Le ciel est très beau, la faune reprend un peu de place, si ça pouvait durer, sans qu’il y ait besoin d’une hécatombe pour devenir raisonnables…

Avez-vous des craintes, des doutes, de la colère, des remises en question sur l’avenir ?

Évidemment, sinon je ne serais pas devenu artiste. Les artistes ont pour rôle de partager leur sensibilité, proposer une vision du monde, et participer à un éveil des consciences.

La musique est un médium qui permet de rassembler, de faire vibrer sur des ondes communes, et de montrer l’importance de la complémentarité symbiotique au sein des humains qui y participent. Ces sensibilités et ces compétences nombreuses et variées dont on a besoin pour produire un concert permettent d’obtenir un instant d’harmonie.

Cette recherche d’harmonie est probablement celle de beaucoup de musicien.ne.s, et une utopie que nous devrions sérieusement envisager pour l’humanité, car les politicien.ne.s ne le feront pas à notre place, leur rôle étant de nous en empêcher.

Le confinement : c’est aussi une période qui peut être aussi propice à l’inspiration, à la réflexion sur d’autres manières de faire connaître son art ?

Exactement, et c’est un moment où on arrête de se ruiner en transports pour travailler ! Je pense que la situation va nous obliger à nous produire en (ultra)local, ce à quoi je travaille pour des raisons écologiques et philosophiques depuis quelques temps, alors je pense que c’est une très bonne chose. Le virtuel, c’est sympa, mais nous devons nous ancrer davantage dans notre réalité immédiate.

(interview : Hervé Collet / @Photos : Laurène Vatier)

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