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16000 spectateurs, Bercy plein comme un œuf, un œuf bouillonnant intérieurement et qui n’attend qu’une note pour éclore. 20h15 et cette première note retentit, 20h 15 et cette foule, contenue par un service de sécurité sur-déployé, manifeste son bonheur de voir rentrer sur scène le plus prometteur des instrumentistes de sa génération : Ibrahim « le Bienheureux » Maalouf et son Or’chestre. Ce soir, le public ne se doute pas qu’il va assister à l’événement musical de l’année, à un big bazar savamment orchestré par Ibrahim et ses équipes. Ce soir il n’y avait pas de meilleure façon de fêter les 10 ans de scène de celui qui charme les âmes au son de sa trompette.
(Ibrahim Maalouf – Bercy – 14 Décembre 2016 – par Slimane Kedjam.)

La musique, une histoire de note, la musique une histoire de potes
Ce soir, Ibrahim n’était pas venu seul. Quoi de plus normal pour fêter son anniversaire que de s’entourer de ses ami(e)s me direz-vous ! Mais ce soir, rien n’est normal, ou plutôt tout est hors norme…

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(©crédit photo : Slimane Kedjam)

Oxmo Puccino, avec qui il a revisité « Alice au pays des merveilles » et redonné une énième jeunesse à ce conte mythique, était le premier à rejoindre Ibrahim sur scène pour un moment plein de flegme et de distinction. C’est au tour de -M-, avec qui il reprend « Bonne étoile, -M-, avec qui il a construit une véritable fraternité autour de leurs origines communes, autour de leur folie commune, autour de scènes qu’ils ont déjà partagé et dont Bercy fait partie.

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(©crédit photo : Slimane Kedjam)

Mais Ibrahim n’a pas fini de nous présenter ses ami(e)s qu’il invite sur scène tout au long de ce festival amical et familial : L.E.J associées à une quarantaine de batuqueiros jolies et survoltées, Amadou et Mariam, pour qui il a joué le solo de trompette dans « Le dimanche à Bamako qu’ils reprendront ensemble sur scène , Tryo, sur un ton plus reggae , et enfin Soprano pour une impro enjouée.

Mais les ami(e)s d’Ibrahim ne sont pas que des stars, issus des choristes de Grigny et Massy ou des conservatoires où Ibrahim continue de donner ses cours, tous ont été invité à l’accompagner sur scène, réalisant pour beaucoup, leur baptême scénique.

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(©crédit photo : Slimane Kedjam)

De Beiruth à Alep
Homme de cœur et en phase avec l’actualité, Ibrahim aime papoter, Ibrahim aime les anecdotes plus ou moins légères mais sait laisser parler et partager ses émotions sans sombrer dans le pathos et la pleurnicherie. C’est ainsi qu’à l’approche du morceau initialement intitulé « Beiruth » il lance un hommage au peuple syrien oppressé en ré intitulant cet hymne contre la guerre, « Alep », et en déclarant qu’ « il serait indécent de l’appeler autrement ». Cette phrase résume bien l’esprit de ce grand monsieur dont la trompette à 4 pistons, unique, est une arme d’apaisement qui sait même provoquer un silence monastique chez 16000 personnes absorbées par la fragilité et l’émotion des notes qu’elle laisse s’échapper.

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(©crédit photo : Slimane Kedjam)

Infatigable
Ce soir Ibrahim est partout, il occupe la scène et occupe les esprits, ce soir il n’a pas la notion du temps, il joue, et danse, et saute et parle, et parle beaucoup (Ibrahim devrait même penser au stand up), et parle tellement qu’il aurait pu atteindre les 4h de show sans que l’on s’en aperçoive, il aurait pu, d’ailleurs, jouer toute la nuit, personne ne s’en serait plaint, et vu l’ambiance générale et les acclamations de fin de concert à mon humble avis, personne ne s’est plaint.

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(©crédit photo : Slimane Kedjam)

Quelle plus belle conclusion aurait pu choisir Ibrahim que la sublime « Lettre à France de Polnareff (prompt rétablissement à lui), chanson sur laquelle il annonce son souhait de faire une pause avec la scène, mais Ibrahim, cette France te dit : la différence sera ton absence, alors, fais qu’elle ne dure pas.
(Article réalisé par Slimane Kedjam)
(©crédit photos : Slimane Kedjam)

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