interview

Les Old Tree’z invitent au voyage dans leur univers pop folk. Paternes de percussions et voix éraillée de Moh sur fonds de guitare sèche et ukulélé offrent un rapport brut avec le public.
Leur son, décidément positif, donne le « smile » à ceux qui l’écoutent.

Moh : auteur/chanteur, guitare, djembé, ukulélé
Watson : guitasse basse/électrique, samples, choeurs
Mélanie : batterie, percussions, choeurs

Pouvez-vous nous parler de la rencontre des différents membres ?

Moh : Avec Watson, nous nous sommes rencontré à l’EF2M (L’Ecole de Formation aux Métiers de la Musique) de Tourcoing. On a sympathisé, on s’entendait bien, on avait la même vision de la musique… Rapidement, on a eu cette envie de créer quelque chose ensemble… et le groupe Old Tree’z est né. C’était en 2016. Puis il nous manquait quelque chose, une batterie pour nous donner ce petit côté tribal, des sonorités plus percussives. L’arrivée de Mélanie s’est fait naturellement. Aujourd’hui, tous les trois, nous sommes inséparables.

La musique, que représente-t-elle pour vous dans votre quotidien ?

Les trois à l’unisson : la musique fait partie intégrante de nos vies. Nous pensons musique, nous mangeons musique, nous aimons musique. Nous sommes tous les trois intermittents du spectacle. La musique est, certes, notre métier, notre gagne-pain mais c’est surtout et avant tout une passion.

Quand avez-vous commencé à réfléchir à votre professionnalisation et quels ont été les déclencheurs ?

Moh : c’est clairement difficile de vivre de sa musique, on ne va pas dire le contraire. Aujourd’hui peut être encore plus qu’hier. Mais quand on aime son métier alors les difficultés passent au second plan. On essaie de se focaliser sur ce que l’on veut réellement faire… et voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. La professionnalisation pour nous est devenue une évidence, voilà quelques années, lorsque l’envie de faire de la musique est devenue plus forte que tout autre chose. Le déclencheur est là, lorsqu’en se levant un matin on se dit : « je ne veux plus perdre mon temps à faire autre chose. Désormais, c’est ça que je veux faire et rien d’autre ».

À quelles difficultés avez-vous été confrontés dans le cadre de votre professionnalisation ?

Watson : Le plus difficile est sans doute de trouver des concerts, c’est une activité qui demande beaucoup de temps, un large réseau et un pouvoir de négociation certain. Si l’on veut pouvoir se concentrer sur sa musique, il faut confier cette mission à quelqu’un. C’est pourquoi nous avons une personne qui s’occupe du booking et de toute la partie production. Il faut être honnête : si pas de concerts, pas de cachets ! Et pas non plus de droits d’auteurs récupérés. Mais cela ne suffit pas, il faut aussi bien connaitre les ficelles du métier et les rouages du secteur. C’est pourquoi il faut savoir bien s’entourer. Sans oublier l’aspect financier. Pour mener à bien ce projet, nous avons dû mettre la main à la poche… un album ça coûte cher à fabriquer et parfois au détriment de nos propres revenus.

En quoi les initiatives telles que le Crossroads Festival sont une aide précieuse ?

Mélanie : C’est une chance inouïe de pouvoir être vus en live par autant de pros à la fois, à l’instar des TransMusicales de Rennes ou encore du Printemps de Bourges. Certains mêmes feront le déplacement depuis l’étranger. Nous espérons y faire de belles rencontres, avec pourquoi pas des prises de contact fructueuses. Nous cherchons un distributeur digital et/ou physique, mais aussi un tourneur… parce que nous voulons développer l’aspect live du projet. La scène, c’est ce qu’il y a de plus important pour nous. Pour un groupe émergent tel que le nôtre, c’est difficile d’être repéré par les programmateurs et autres professionnels tellement l’offre est nombreuse. Ils croulent sous les demandes… Nous devons réussir à tirer notre épingle du jeu, et comme le tremplin Main Square que nous avons précédemment gagné, le Crossroads est un superbe coup de pouce.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre discographie, vos principales scènes et votre actualité (sorties CD…) ?

Mélanie : Un premier EP 5 titres, « Change », est sorti en 2016. Notre premier album « One Is The Colour » est prévu pour l’automne 2019. Nous en sommes très fiers. Il contient 13 titres, dont deux remixes. C’est une invitation au voyage… On espère qu’il plaira à un maximum de gens.

Watson : D’un point de vue concerts, nous pensons que toutes les dates se valent bien évidemment. Nous apprécions la proximité du public lors des concerts intimistes ou dans de petits lieux. Mais il est vrai que nous avons eu quelques belles surprises ces derniers mois. Le Festival Pic’Arts a lieu dans un donjon somptueux, le public a été top et l’organisation aux petits soins avec nous. Nous avons été programmés à Coudekerque-Branche, en juin dernier, lors d’un concert de plein air. On a été surpris de voir autant de monde, pour nous qui jouions en première partie.

Moh : Mais la belle claque, nous l’avons prise au Main Square Festival, le 7 juillet dernier. On ne s’y attendait vraiment pas du tout. On nous avait avertis : « ne vous attendez pas à la foule des grands soirs, vous êtes en ouverture de la Green Room à 14h30 et vous risquez de jouer devant trois-quatre rangées ». Au final, tout le monde s’est trompé… le public a répondu présent et en masse. Pour preuve les images tournées ce jour-là. Les jours qui ont suivi ont été démentiels : des tas de messages sur les téléphones, sur Facebook et Instagram. Même des pros nous ont félicités. Un internaute nous a écrit : « c’est mérité »… on ne sait pas si c’est mérité, mais en tout cas nous travaillons tous très durs pour y arriver !