chronique

LISA LI-LUND
/ Album « Glass of Blood »
/ Sorti en Avril 2021

// On attendait le retour de Lisa Li-Lund depuis une décennie et le miracle s’est enfin matérialisé avec ce nouvel opus. La compositrice franco-suédoise nous convie à entrer dans son univers intimiste par une porte secrète, un passage vers l’espace sacré de l’âme, les étapes d’un cheminement personnel, délivrance des douleurs au travers des mots.

Dès l’introductif « Janet », les brumes se dissipent, et cette voix qui résonne avec une acuité étrange, nacrée dans un écrin de cordes, dévoile un song-writing à couper le souffle.

Le talent de Lisa est justement de remplir notre vide émotionnel avec des mots proches de la confession, des confidences d’une sensibilité désarmante.

« Glass of Blood » est une contemplation de notre mortalité, un désespoir existentiel que seule la musique peut apaiser selon une approche holistique qui inclut toute l’humanité.

Dans « Your Words Our World », la personnification de l’absence comme présence absolue est exprimée avec une lucidité flagrante, les mots glissent à la surface de patterns électroniques créant une trame narrative presque cinématographique, on perçoit des images, des fresques oniriques, une respiration des formes, c’est une échappée vers les arcanes de la nuit.

On trouve ses repères aux souffles qui emmitouflent les instruments, des instantanés captés sur l’instant. Chaque chanson préserve l’essentiel, des fragments trouvant leur unité, avec ces variations tonales qui constituent des balises sur le sentier qu’explore Lisa.

« Shadows » illustre cette aisance naturelle à écrire de véritables chansons mélancoliques, sensibles et lunaires.

« Glass of blood » est un disque hanté, qui nécessite une écoute attentive, pour en cerner chaque détail. Un élixir divin.

(chronique : Franck irle)

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