chronique

  • aciddad

ACID DAD
/ Album « Take It From The Dead »
/ Sortie le 16 Juillet 2021

// Les fossoyeurs du Rock s’étaient bien vite acharnés sur le corps d’un genre musical promis à disparaître. Rétrospectivement, en cette période de remise en question globale, de nombreux artistes ont revitalisés la musique en explorant de nouveaux territoires avec une modernité non négligeable. L’actualité musicale de cette rentrée 2021, est la démonstration évidente que le rock est sorti de son tombeau, débarrassé d’une encombrante hérédité aux raccourcis bien trop souvent réducteurs. Et la parution du second album de Acid Dad remet les pendules à l’heure et les pendus au placard !

Dès l’entame de « Searchin' » on parvient à géolocaliser la provenance de cette entité musicale. Les trois lascars originaires de Brooklyn ont toutes les caractéristiques d’un groupe promis à un bel avenir. Naviguant entre psychédélisme et douce fébrilité, Acid Dad pose les jalons d’une musique hautement addictive, parsemée d’éclairs Noisy, avec entres autres références, Sonic Youth ou encore Pavement.

« BBQ » embraye direct avec ses distorsions savamment dosées, et procure un plaisir immédiat, le genre de titre qui flingue le pessimisme ambiant. Étourdissement, chavirement, jouissance abrupte, embardées oniriques, reliefs mélodiques ondulatoires, ça s’agrippe aux parois de l’esprit pour s’y attarder et devenir obsédant.

Acid Dad distille dans son laboratoire une syntaxe qui s’inscrit parfaitement avec cette musique presque évidente, une combinaison de paroles symboliques avant-gardistes et des thèmes de la vie quotidienne qui permettent de s’identifier aux frustrations que ressentent les membres du groupe (le côté slacker de leur musique illustre justement cet état d’esprit personnel à leur répertoire).

« RC Driver » constitue un tout insaisissable qui finit par lui conférer un statut unique, un corpus presque infini d’influences intemporelles. Pour couronner le tout, Sean Fahey et Vaughn Hunt  ont cet amour du DIY jusqu’au boutiste, élaborant eux-mêmes leurs guitares.

Album captivant, faisant preuve d’un sens mélodique exacerbé, tout y est vrombissant et rayonnant. « She only Eats Organic » est cette ritournelle terriblement efficace et totalement jubilatoire. Et loin de démystifier les arcanes d’un genre musical, le trio prend un plaisir non dissimulé à l’exercice de composition, loin du revival actuel. Le disque se termine avec l’immense « Djembe » noyé dans un torrent de réverbérations, le bouquet final d’un album que je tiens en haute estime !

(chronique : Franck irle)

Share

Vous aimerez aussi...