reportage

michelhermon

Jeune homme, il vit le choc d’un soir, 6 mois après mai 68, la rencontre avec Léo Ferré à Bobino ! C’est l’éblouissement  de ses 20 ans qu’il nous fait partager à l’Atalante jusqu’au 19 mars 2017. (MICHEL HERMON CHANTE LEO FERRE/BOBINO 1969 – Théâtre de l’Atalante 2017 – Spectacle interprété par Michel Hermon accompagné au piano par Christophe Brillaud)

(Mars 2017 – par Ludmilla Edith.)

Michel Hermon vit ses chansons intensément et les incarne puissamment.  Il a la gueule d’un ange. Le visage marqué d’un marin, une boucle d’oreille qui marque son indépendance, son goût des aventures.

Une chaleur certaine dans la voix, le regard plein de fougue. Habillé de noir sur fond noir, le chanteur et comédien est un interprète qui nous livre par sa présence d’une intensité rare des perles du répertoire de Léo Ferré.

Dans l’espace dénudé de la scène de l’Atalante baigné de lumières en clair obscur d’Olivier Foy, une mélodie ou un cri monte au ciel.
Ce tour de chant piano voix, nous embarque pour une plongée de deux heures. Entre les deux hommes, une complicité singulière. Le pianiste dans son jeu délié est en osmose avec la musique. Tandis que l’on ressent par l’incarnation flamboyante de Michel Hermon la présence de Léo Ferré est palpable, comme une vibration différente de l’air…

michelhermonreport

Laissons Michel Hermon lui-même, nous parler de son spectacle.
« Bon, c’est mon Léo Ferré à moi, celui que j’ai découvert sur scène à ce moment‐là, j’avais vingt ans, j’aimais ses chansons depuis toujours mais j’ai eu ce soir‐là un des chocs artistiques et émotionnels de ma vie. Simplicité absolue, dépouillement, voix et présence irradiantes, toute sa performance avait la force d’un aveu. S’ajoutait la magie du spectacle, le sentiment, sûrement ressenti par chaque spectateur, qu’il ne chantait QUE POUR MOI ! Seul en scène avec Paul Castanier, son pianiste, l’aveugle à qui est dédié La Nuit, Ferré débarquait à Bobino avec une formidable brassée de fleurs nouvelles : Poèmes fraîchement mis en musique Madame la misère, A toi, Le testament, publiés dans le recueil POETE… VOS PAPIERS ! plus de dix ans avant, mais qui semblaient autant écrits à chaud que L’été 68, La Révolution, Comme une fille, Ils ont voté, Pépée… Tout sonnait neuf, d’une actualité. Bouleversante, un Léo Ferré nouveau, phénix surgi des flammes. D’ailleurs son public a radicalement changé. à partir de là : il a rajeuni d’une génération. Imagine : 69, l’année érotique selon Gainsbourg, et les fleurs lubriques et somptueuses de C’est extra, ou de Petite… Seize chansons sur les 26 du récital sont crées à Bobino cet hiver ‐là. »

Le chanteur nous fait retraverser le temps. Le public est témoin de cette grande alliance au-delà du temps grâce aux mots. Le public à l’Atalante se rappelle de Bobino où il y avait un public nombreux qui écoutait pratiquement jour et nuit. Une performance extraordinaire qui ne mâche pas ses mots et nous quitte sur ce message emblématique : Je souhaite amis, je vous souhaite ni dieu ni maître.
(Article réalisé par Ludmilla Edith)

-> site de l’Atalante : http://www.theatre-latalante.com/
-> Facebook l’Atalante : https://www.facebook.com/latalante.rp
-> event facebook : https://www.facebook.com/events/1251042561618192

Vous aimerez aussi...