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Des rencontres aux humeurs généreuses, heureuses de partager leur intimité artistique dans ce lieu chaleureux, confortable et bienveillant qu’est le Divan du Monde. Quelques moments passés ce 20 Mai 2008 avec Catherine Watine, artiste et initiatrice du projet « INDIE MOODS », « Les Humeurs Indépendantes », dont l’objectif est de promouvoir les scènes indépendantes et aider les nouveaux talents émergents à se faire connaître du public. Une compilation de 20 artistes est sortie en Mai 2008 lors d’une soirée toute en étoiles au Divan du Monde, une odyssée indé fort prometteuse !

cathwatine1Catherine Watine (photo : Sophie Jarry)

Peux tu nous parler de l’historique d' »INDIE MOODS » et de tes motivations à souhaiter concrétiser ce projet ?

Comme souvent, ça part de quelque chose d’assez simple. En guise de cadeau de fin d’année 2007, je souhaitais offrir quelque chose d’original aux clients de l’entreprise où je travaille, en plus des cadeaux traditionnels. Je m’étais dit qu’offrir une compilation d’artistes que j’apprécie serait une très bonne idée. Sous entendu que cela pouvait être financé par mon entreprise, j’en parle au boss mais celui ci ne dit mot. J’en déduis donc « Qui ne dit mot, consent » et commence mes recherches dans CQFD.com, puisque tout est parti de là. J’avais déjà dans l’idée de faire quelque chose d’assez « easy listening » puisque les clients auxquels je m’adressais n’étaient pas friands de rock dur ou de musiques progressives. Je choisis donc une track-list soyeuse à l’oreille et là me vient l’idée un peu osée de contacter JD Beauvallet (rédacteur en chef des Inrockuptibles). Via mail, je lui explique le projet et lui demande d’en être le parrain. Je ne reçois pas de réponse dans un premier temps. De son côté, mon boss m’avertit qu’il ne veut pas participer à ce projet et me voilà fortement embarrassée.. Donc, j’étais sur le point d’envoyer des courriers aux artistes leur annoncant que j’abandonnais le projet, ne pouvant le suivre financièrement. Et le jour même, ironie du sort, je reçois la réponse positive et enthousiaste de JD Beauvallet. J’y ai vu un signe et je me suis lancée en montant ce projet collectif, basé sur le bénévolat. Chacun donne ce qu’il peut, de l’argent à sa mesure (qu’il récupèrera en albums), carnet d’adresses pour tourner ou fichier medias, compétences techniques, contact medias, des idées, etc. , en tout cas, tout le monde apporte quelque chose, aujourd’hui ou demain. J’ai rédigé mes premiers courriers sous forme d’un Journal de la Compilation, d’une façon un peu boy scout et j’ai reçu bon nombre de réponses positives…Petit à petit et grâce à mon métier d’organisatrice d’événements, j’ai commencé à planifier et ai demandé à certains artistes repérés pour d’autres compétences que la musique de m’épauler. C’est ainsi que Maud Lübeck s’est attelée à l’artwork, que Vince-Utd (Vincent Radureau), journaliste à Canal + s’est attelé aux bios et à la ligne éditoriale…Il y a aussi Aurélien (SoundMaker) qui a toujours eu de chaleureux rapports avec les groupes et qui a accepté d’être coordinateur et trésorier de l’asso. Ingénieur du son, c’est également lui qui s’occupe de nos concerts. Elizabeth Prinvault, journaliste musique et manager de « A guy in light » nous a rejoint pour la partie promo/presse. Nous avons fait des réunions puis petit à petit le projet « INDIE MOODS » s’est mis clairement en place. Et à chaque fois, je me disais que réaliser une compilation c’était très bien, mais qu’il fallait aussi faire des concerts. Forte du parrainage de JDB, j’ai demandé un partenariat aux INROCKS. Puis sur la lancée de recherches de partenaires, sont venus s’ajouter Le Divan du Monde puis Oui FM…

Nous avons ensuite mis en place un système de soutien financier par PayPal (car la conception d’un projet de cette ampleur occasionne beaucoup de frais : pressage, SDRM…) où l’on demande un don minimum de 10 euros pour recevoir la compil de 20 artistes + des remix et des goodies et être tenus informés de l’actualité  » INDIE MOODS ». On espère faire beaucoup d’autres concerts pour que de nombreux medias s’y intéressent et au final, que Indie Moods devienne un label associatif de promotion pour les artistes. Après ce premier volume axé pop folk, nous envisageons d’autres sorties, d’autres styles, rock, chanson française, electro…On a beaucoup de demandes d’artistes qui souhaitent participer au projet, on avance peu à peu et on est très heureux !

Tu parlais d’un choix d’artistes plutôt easy listening au départ…

Oui, par rapport au projet de base vis à vis de clients qui n’ont pas forcément un abord facile avec la musique.

La majorité des artistes présents sur la compilation sont de style pop folk d’inspiration anglosaxonne…

Il se trouve que la pop folk est un terrain où je me reconnais et je me suis rendue compte qu’actuellement cette mouvance anglosaxonne était en pleine effervescence en France. Néammoins, Sur la compilation, deux artistes chantent en Français. C’était un choix non délibéré mais que j’ai fini par assumer, pour l’une j’adore le texte et la seconde, son univers…

Le choix de CQFD, un élément majeur dans la création du projet ?

Totalement !

Mais comme réseau communautaire, plateforme musicale, il existe aussi MySpace…

Oui mais CQFD a des possibilités que n’a pas MySpace, comme permettre aux commentaires d’être publiés directement…Et puis à la naissance de CQFD, il y avait relativement peu d’artistes et s’est donc créée rapidement une sorte de bulle où nous communiquions entre nous.

Sur MySpace, il n’y a pas cette première confidence rapide.

C’est clair, et puis surtout, j’avais eu une chronique de mon album par JD Beauvallet qui m’a toujours suivi, alors cela m’a paru possible avec CQFD. Je ne me serai jamais lancé dans cette aventure avec MySpace, c’est un océan, CQFD est plutôt une petite mer intérieure.

Et s’il n’y avait eu ni CQFD, ni rencontre avec JD Beauvallet ?
J’aurais sûrement souhaité faire une compilation pour les clients de l’agence qui me connaissent déjà en tant qu’artiste, et leur faire découvrir de nouveaux horizons, ouvrir leurs oreilles à d’autres sonorités mais je ne me serai pas lancée cette année. Ou du moins, j’aurais fait des choix dans mon propre catalogue, car j’ai un micro-label fier de 5 sorties déjà !

Mais CQFD et JD Beauvallet m’ont donné l’envie et la motivation pour qu' »INDIE MOODS  » voit le jour.

indieflyerSoirée du 20 mai 2008, les humeurs partagées

Ton opinion sur la scène indé actuelle et sa présence dans les médias?

Le problème des médias aujourd’hui, c’est qu’ils sont abreuvés de labels qui achètent des pages de pubs et donc, sans remettre en cause l’intégrité des journalistes, il y a moins de places pour les chroniques d’artistes indépendants. Par contre, certains se mettent à l’affût des nouvelles mouvances. Je prends par exemple le cas de OUÏ FM, notre partenaire, station rock. À l’intérieur de cette structure s’est créé le BPI, Bureau des Productions Indépendantes, dans lequel on retrouve des artistes comme Cocoon. Ces médias remarquent qu’ils ne peuvent échapper à ce mouvement de masse folk song qui émerge et essaient d’y trouver une ouverture. Ça ne peut donc aller que dans la bonne direction.

Maintenant, pour les artistes non signés et qui ne sont pas exposés sur scène, sans manager ni tourneur, c’est la grande débrouille…Et c’est la qualité de la débrouille de l’artiste qui lui permet de sortir du lot. On en est tous là, à jouer les hommes/femmes-orchestre pour pouvoir s’en sortir. Individuellement, les journalistes aiment ce genre de musique. Leurs oreilles agressées avec plaisir pendant un certain temps ont le désir de découvrir de jolies sonorités. Mais là encore, cela dépend du format média, qu’il soit presse ou radio. Toutefois, j’y crois et je suis toujours emplie d’espoir !

Penses tu que le public actuel est plutôt attentif aux nouveaux talents, aux scènes indés ?

L’avènement des pages Internet et des plateformes musicales a permis cela. On s’aperçoit qu’on a vraiment des fan-clubs réunissant des personnes de tous horizons, de tous milieux, de toutes régions. Il y a une ouverture différente, les gens ont les oreilles plus ouvertes. Les plateformes musicales ont fait ce que n’auraient jamais pu faire les labels : on va chez le voisin, on dit « Bonjour, viens écouter ma musique » et l’auditeur se sent honoré, et va donc développer une relation d’amitié teintée d’admiration. Si la musique lui plaît, il va l’amplifier, faire du marketing viral, en parler autour de lui…Ce genre de média « viral » n’existait pas avant. C’est pour ça que je pense qu »‘INDIE MOODS  » arrive à point nommé.

Si on fait ça bien, si on y met toute notre énergie, je pense que cette initiative donnera envie à d’autres de créer quelque chose, sous d’autres formes peut être. On reçoit de nombreux commentaires nous demandant conseils…

Sur l’article presse, tu parles de plateaux concerts généreux, équitables. C’est à dire ?
Généreux puisque certains artistes n’ayant pas encore fait de scène sont soutenus, accompagnés par les autres. Pour exemple, Maud Lübeck dont j’admire l’univers à titre personnel, a fait sa première scène il y a peu, et elle a accepté avec une grande générosité d’être sur scène avec des artistes de la compilation, histoire de prendre un peu la résonnance de la scène. Elle a fait une partie piano pour l’un, du glockenspiel pour l’autre, et des chœurs pour un troisième ! La générosité c’est cela, le partage de la scène entre artistes mais également le partage de bons moments avec le public.

Équitable. Quand il y a des cachets, ils sont versés à ceux qui en ont le plus besoin.

Et au niveau des aides, des subventions, dans une société en pleine crise culturelle ?

On a essayé d’avoir des subventions de la part de la SACEM, etc. Il est difficile d’obtenir des aides.Tout d’abord, en ce qui concerne les subventions de tour, il faut 8 dates et 8 cachets dans un délai X. Nous ne correspondons pas aux critères, donc pas d’aide pour les concerts. Nous savons très bien que nos recherches vont être ardues et pas forcément positives. Qui bénéficie des subventions de nos jours ? Les gros labels qui établissent un budget en jouant sur une grosse partie allouée aux frais…Pour nous, c’est la grosse débrouille et on espère qu’au niveau du Ministère de la culture, cela s’ouvre un peu…

Un dernier mot ?

C’est très réjouissant de voir que chaque artiste au sein d' »INDIE MOODS  » est à la fois conscient de l’envergure du projet, heureux, et très enthousiaste. C’est un nouvel espoir pour ceux qui envisageaient d’arrêter et pour d’autres, la possibilité de se produire sur scène, chose qu’ils n’auraient pu ou osé faire avant, pour quelques uns d’entre eux. Tout cela est très gratifiant, j’en suis heureuse.

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Cascadeur, Emmanuelle Cadoret, Grout / Grout, Maud Lübeck, Pascale Salkin, Vince United, Watine, Julian Angel, A guy in light, Jil Is Lucky, Reza, Nathaniel Isaac Smog, Les fragments de la Nuit… Constellation d’étoiles aux rayons éclatants , aux émotions ardentes qui offrent avec désir leurs mélodies lumières en ce lieu chaleureux qu’est le Divan du Monde…Pour le plaisir de l’ouïe, pour le plaisir du coeur, pour le plaisir de l’âme…

Deux de ces étoiles aux humeurs buissonnières se sont posées quelques instants le temps d’une mini interview.

Cascadeur, l’astre aux reflets de lune, voltigeur de l’intime, acrobate en errance entre ombres sensibles et lumières discrètes. Émotions à fleur de peau, en équilibre sur le fil de la vie.

Quelle est l’origine du projet « Cascadeur » ?

La musique, un besoin vital ?

Tu es l’artiste gagnant de la deuxième édition du prix CQFD mis en place par les Inrockuptibles. Cette « passerelle musicale », une opportunité, un outil qui a eu beaucoup d’importance pour le développement de ton art ?

Tu parlais de besoin vital tout à l’heure. J’ai traversé des périodes où je ne savais plus comment faire pour me faire entendre, plus exactement, je ne savais comment me faire entendre tout en chuchotant, comment me montrer tout en restant invisible. C’est une des grandes questions de ma vie car j’aime la discretion, le secret. En fait, comment faire pour exister tout en se dissimulant?

Un besoin de reconnaissance ?

Oui se sentir être… Six mois avant CQFD j’ai souhaité louer une salle à Paris et faire deux soirs de concerts à la suite. J’ai invité beaucoup de gens mais la plupart n’ont pu venir et je me suis retrouvé face à une quinzaine de personnes pour les deux sessions, ce qui m’a inquiété pour l’avenir. Intermittent du spectacle et être obligé de payer pour jouer, je me sentais face à un mur…Mais au lieu de m’écrouler, j’ai décidé de réagir, d’être plus incisif et moins dans l’invisibilité. Et c’est ainsi qu’à débutée l’aventure CQFD. La première année,c’est Cocoon qui a remporté le prix. J’étais dans les 80 premiers et cela m’a donné envie de participer à la deuxième session. Et peu à peu j’ai eu des visites, des gens qui m’ont soutenu, qui m’ont aidé, et il y a eu comme une sorte d’effet boule de neige. C’est réconfortant lorsque tu vois que tu es épaulé par des personnes que tu ne connais même pas. Tu gagnes en motivation.

Et ce qui m’a donné du baume au coeur c’est lorsqu’un certain JD the DJ m’a mis dans ses amis CQFD…Je n’ai pas réagi sur le moment, j’ai vu que cette personne était de Brighton et qu’elle avait une playlist impressionnante et Cascadeur dans ses artistes préférés. Après quelques périodes de suspens où je commençai à douter, j’ai reçu un coup de fil et une voix très placide qui m’annonce le résultat inattendu. C’était JD Beauvallet des Inrockuptibles…Je suis resté un peu bloqué durant quelques jours alors que mon amie sautait de joie. Ce résultat à changé des choses, oui, notamment au niveau des rencontres humaines.

Et la rencontre avec Watine ?

J’écoute les uns et les autres dans tous les styles, du rock, de l’électro…Watine m’a soutenu avec coeur et conviction et son projet m’a intéressé. On s’est envoyé des mails très touchants et la relation s’est construite. Il en est de même avec Gil (A guy in Light), des échanges de mails qui débouchent sur de la complicité. Pour moi, c’est l’aspect humain qui prime, je ne pense pas à ma carrière, à la réussite même si je suis contraint de penser à la subsistance. Et je veux que mes projets vivent.

Comment te sens tu au présent ?

Heureux et inquiet. Très heureux par rapport aux six mois précédents où j’étais même un peu désespéré. C’est une pression énorme, je passe du temps pour acheter du matériel, écrire, répéter, faire avancer le projet. Agir comme un enfant avec la pesanteur de l’adulte, cette espèce de survie économique si pénible.

Mais c’est une très belle période pleines de rencontres. Et c’est émouvant de rencontrer toutes ces personnes de coeur..

A guy in light propose à l’oreille délicate un univers nourri de folk, de pop et de soul aux atmosphères chaleureuses, sensuelles, romantiques et colorées.

Comment est née l’envie de faire de la musique ?

Ce n’était donc pas un rêve d’enfant ?

Pour te faire connaître, le réseau CQFD ?

En ce qui me concerne, oui ! Au départ, je souhaitais juste présenter mes titres, faire connaître mon projet. J’essaye de faire une musique intéressante, une pop efficace, directe, nourrie d’un tas d’influences indé. Je viens de la scène underground, j’ai joué durant 10 ans dans des groupes Hard Core, en Normandie dans le groupe « Betty », j’ai fait des squatts… et je pense qu’on ressent cette essence dans ma musique.

Dans la mesure où CQFD est lié aux Inrocks, je ne pensais vraiment pas que ma musique serait appréciée sur ce réseau. Et après 6 mois d’inscription, quelle heureuse surprise ! Ma musique était comprise et appréciée ! J’ai eu la chance de pouvoir rester dans les premières places durant 10 semaines consécutives… Et cet engouement nous a permis de bien faire avancer le projet – ( je dis nous pour toutes les personnes qui gravitent autour du projet A guy in light )- et de pouvoir faire de belles salles à Paris comme La Flèche d’Or, le Trabendo… et d’avoir pas mal de contacts en province.

L’avantage de cette passerelle c’est qu’elle reste assez confidentielle, assez intime, au contraire de MySpace qui est un vrai labyrinthe. Pour faire connaître un projet, le CQFD était l’idéal. C’est une passerelle de découvertes et d’échange où j’ai rencontré des personnes talentueuses, des artistes de qualité tels que Cascadeur, le groupe belge Applause, Catherine Watine que j’adore….Des artistes chouettes et surtout de très belles rencontres humaines.

Être indépendant, c’est être livré à soi même…

Je me demande si ce n’est pas nécessaire…Je suis autodidacte, je ne sors pas d’une école et n’ai pas de bagage technique ni harmonique. Je me suis construit dans les clubs, les bars…J’ai quinze ans de scène, dans de belles salles et des lieux complétement improbables et tout cela m’a réellement formé. Je me sens à l’aise lorsque je suis sur scène, j’ai mes marques, même si bien sûr, j’ai parfois le trac lorsqu’il s’agit de soirées importantes mais je sais que je m’en sortirais !

Je pense que c’est un métier où il n’y a pas d’école, cela peut être un plus pour avoir des connaissances en compos, en arrangements mais ça s’apprend surtout sur le tas. Et du coup, j’ai ma propre personnalité artistique, mon univers bien à moi et lorsque j’ai besoin de conseils c’est au fil des rencontres, lors des concerts, des plateaux. J’ai de la volonté, de l’énergie, je suis un passionné. Et lorsque quelqu’un te dit qu’il aime ta musique, ça te motive davantage pour continuer, avancer…Tu comprends pourquoi tu fais ce métier.

-> Site Watine : http://www.watineprod.com
-> Site Cascadeur : http://www.cascadeursound.com
-> Facebook A Guy in Light facebook.com/aguyinlight

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