interview

Avec Yolande Bashing et sa révolution désaccordée, Baptiste (comédien lillois échappé du groupe électro-punk Les Dents) propose en solo une techno pop et chantée, à la fois brute et empirique. Entre mélancolie excitée et rage triste, les textes désabusés se frottent à des beats lancinants sur le fil de synthés tremblants. (©photo : BruitBlanc)

A peine plus d’un an que ce comédien lillois membre du clan Bruit Blanc a posé ses premières prods sur bande et sur scène.Quelques mois plus tard il se retrouve adoubé par Sourdoreilles et Gonzaï magazine avec un premier EP, puis propulsé sur la scène des Inouis du Printemps de Bourges 2019.

Avec Yolande Bashing et sa révolution désaccordée, le Baptiste propose en solo une chanson électro à la fois brute et empirique. entre mélancolie excitée et rage triste, les textes désabusés se frottent à des beats lancinants sur le fil de synthés tremblants.

Yolande Bashing convoque Claude François et Jean-Pierre Pernaut à la fête triste d’un PMU oublié : son mashup sidérurgique d’Hubert-Félix Thiéfaine et Stromae attise la désillusion, à coup de décibels âpres et de punchlines
imparables.

La musique, que représente-t-elle pour vous dans votre quotidien ?

C’est un travail du matin, du midi, du soir et de la nuit mais sans la ponctualité d’un 3/8. Mon studio est chez moi, ça me permet d’accéder rapidement aux machines et de composer à mon rythme. Mais je me rends compte qu’un synthé c’est très envahissant dans un quotidien, chronophage. Sinon de manière générale je dirait que je passe 60 % de mon temps à faire du théâtre, le reste est consacré à la musique, mais c’est en train de changer.

Quand avez-vous commencé à réfléchir à votre professionnalisation et quels ont été les déclencheurs ?

J’y ai jamais vraiment songé, mais quand tu rencontre des gens motivés, passionnés et prêts à t’aider a défendre ta musique et à la partager ça donne un vrai coup de pouce. L’année dernière, j’ai rencontré Romain, qui gère le label Bruit Blanc, je dirai que sans cette rencontre Yolande existerai moins. Et puis il m’a inscrit aux iNOUïS, je suis parti à Bourges grâce à ça, j’ai rencontré un tourneur un peu plus tôt et voilà.

À quelles difficultés avez-vous été confrontés dans le cadre de votre professionnalisation ?

J’ai la chance d’être très bien conseillé et accompagné, la difficulté principale a été d’intégrer dans mon cerveau la cartographie des métiers de la musique en France et de comprendre comment ils fonctionnent ensemble. Connaître son environnement professionnel, ça fait aussi parti du métier de créateur et c’est encore là que je pêche un peu. Mais ça fait son chemin.

En quoi les initiatives telles que le Crossroads Festival sont une aide précieuse ?

Me permettre de profiter d’un réseau et puis permettre aux pros d’accéder plus facilement à mon live. C’est l’heure du marché, qui est-ce que je vais mettre en première partie de truc et muche l’année prochaine. C’est aussi l’occasion de rencontrer encore plus de public et heureusement qu’il est là. Je suis content cette année car je vais revoir des copains de Bourges : Dégage et Maz. On s’est rencontré sur le stage de professionnalisation organisé à l’issue du festival, la formation était prise en charge par le Studio des Variétés, c’était quali. Encore une initiative précieuse tiens !