interview

Déjà en possession d’un EP 10 titres, 4 clips et pas moins de 50 dates à leur actif en deux ans, Les Rappeurs en Carton – RPC pour les intimes – sèment la pagaille dans le paysage musical. Cette formation Lilloise réunit trois allumés nourris au punk rock, à la boisson énergétique et à la barre protéinée qui portent sur scène un hiphop catchy adulescent, assumé et sincère. Ici pas de perdants, juste du fun et une envie folle de faire de la vie une fête ! (©photo : Angélique Lyleire)

Quel est votre parcours ?

On vient tous du punk-rock (musique qui a nourri notre adolescence avec Blink 182, Limp Bizkit, Linkin Park, etc.). En même temps, on s’est mis à découvrir le rap et la chanson urbaine (Stupeflip, Casseur Flowter, Diziz la Peste ainsi que du rap US.), d’où notre double culture Rap et Rock. Le fait qu’on fasse du hip hop est venu tout naturellement et s’est imposé comme une logique implacable. On a aussi eu envie de sortir de notre confort en se confrontant à cette esthétique finalement pas si évidente pour nous, d’où notre nom particulier « Les Rappeurs en carton ». On ne se sentait pas complètement légitimes mais en même temps, on s’est dit « pourquoi pas » même si on casse un peu les codes du rap.

Ce qu’on aime évoquer au sein de nos chansons c’est également toute une époque qui nous ressemble, qui nous inspire dont on a envie de retranscrire l’univers : celui de l’enfance, des jeux vidéo, des jouets, des films d’animation. D’où la qualification de notre esthétique comme étant un hip hop « adulescent ».

Un fort engouement a été constaté depuis le tout début de notre projet. On nous reconnait dans la rue, certains professionnels (de la région mais pas uniquement) croient véritablement en nous. On vient d’un milieu social parfois compliqué, et pour nous, ce projet est vraiment un point de départ pour aller plus loin, pour s’en sortir malgré toutes les difficultés rencontrées jusqu’à présent. C’est ce qu’on tente d’illustrer dans nos chansons et c’est le message qu’on a envie de faire passer de manière générale. C’est l’ensemble de ces enchainements qui nous ont amenés là et qui définissent totalement notre groupe et notre musique.

Pouvez-vous nous parler de la rencontre des différents membres ?

A l’origine, ce sont Vincent (« 120 ») et Alex (« Monquey ») qui avaient un projet musique plutôt orienté punk-rock. Quelques temps plus tard, étant donné que je les connaissais déjà, je me rendais régulièrement à leurs répétitions et c’est là que j’ai commencé un peu à les aider sur leur développement. Lors de l’une de ces répétitions, Vincent m’a alors proposé spontanément de faire des « backs ». Le second événement a été d’écrire ma première chanson à ses côtés. Très vite ensuite, un premier concert s’est présenté et après le départ d’un quatrième membre qui était là au tout début, l’aventure a véritablement débuté pour nous trois.

La musique, que représente-t-elle pour vous dans votre quotidien ?

La musique est omniprésente dans notre quotidien et nous lui laissons une place maximum !

Tout d’abord, originaires de Dunkerque, nous nous sommes installés à Lille pour être au centre de la métropole la plus active du Nord de la France en cette matière.

Ensuite, nous nous consacrons exclusivement à cette activité quitte à perdre en finances et en confort en attendant d’être professionnalisés, pour mettre toute notre énergie et notre créativité au service de nos productions et ce quasiment 24 h / 24.

Enfin, deux d’entre nous vivent ensemble pour nous laisser la possibilité en permanence, de composer quand bon nous semble mais aussi de discuter sans cesse du projet afin de le faire évoluer au maximum.

Quand avez-vous commencé à réfléchir à votre professionnalisation et quels ont été les déclencheurs ?

Nous avons commencé assez tôt à réfléchir et notre professionnalisation notamment parce que nous avons reçu un accueil très favorable de la part autant des professionnels de la filière qui nous ont suivi dès le début, que du public et de notre fan base qui a réagit très vite à notre musique.

Nous avons participé au speed-meeting du Crossroads l’année dernière et c’est à cette occasion que nous avons rencontré IN THE SUN PROD avec lesquels nous avons signé notre premier contrat de management en février dernier.

A l’heure actuelle et grâce au travail que nous faisons en commun avec IN THE SUN PROD, nous aspirons à continuer de professionnaliser le projet au maximum afin de signer avec un éditeur (ou un label) qui auraient, pour ce qui les concerne, une belle envergure.

À quelles difficultés avez-vous été confrontés dans le cadre de votre professionnalisation ?

Nous devons convaincre des professionnels malgré une qualité de prods un peu juste due à un manque de moyens financiers et techniques.

Il est aussi compliqué de faire se déplacer ces mêmes professionnels à nos concerts alors qu’on nous qualifie souvent de « groupe de scène » et que nous savons qu’il s’agit de l’un de nos points forts.

Nous souhaiterions obtenir un maximum de rendez-vous afin qu’ils nous écoutent sur notre discours, nos aspirations, nos projets et comment nous pouvons y parvenir. Nous avons envie de leur dire que notre créativité s’exprime sans arrêt et que notre potentiel de travail est énorme.

En quoi les initiatives telles que le Crossroads Festival sont une aide précieuse ?

Tout simplement parce dans le cas présent, il s’agit d’un festival de showcases et que nous savons qu’il y a un très grand nombre de professionnels qui seront présents !

De plus, le festival étant ouvert au public, on peut faire une pierre deux coups et ainsi tenter d’augmenter également notre fan-base.

Ces initiatives quelles qu’elles soient sont hyper importantes parce c’est à ces occasions qu’on peut se faire identifier, c’est une réelle chance pour les artistes émergents d’avoir la possibilité de se produire et agrandir notre réseau de contacts.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre discographie, vos principales scènes et votre actualité (sorties CD…) ?

Nous avons participé à des festivals notables de notre région et notamment le Main Square qui a été un instant extrêmement fort de nos scènes 2019 mais aussi un moment clé dont nous tirons parti au maximum afin de maintenir au plus haut les retombées (médias, presse, pros).

Nous sommes sur le montage d’un reportage qui a été fait justement sur notre journée entière au Main Square depuis notre départ chez nous à notre retour en passant par le concert, nos déambulations sur le festival, notre rencontre avec le public, nos interviews, etc. que nous comptons exploiter pour notre communication.

Ensuite il sera tant de focusser notre travail principalement sur la composition de notre second EP prévu pour le printemps 2020 et que nous avons déjà commencé à ébaucher.

Une fois le single déterminé, nous travaillerons d’arrache-pied sur le clip qui l’illustrera.

Enfin, en parallèle nous devons continuer de nous produire, et donc on axe une grande énergie sur le booking.