interview

Budam1

Frottez vos mains, paume contre paume, avec vigueur, assez longtemps. Éloignez les ensuite l’une de l’autre calmement et ressentez cette énergie qui vibre de toute sa chaleur. C’est cela, l’effet BUDAM. Découvrez ce trio créateur de vies en provenance des îles Féroé interviewé lors de leur passage délicieusement envoûtant à Lille le 29 octobre 2009.

La naissance du projet BUDAM
Bùi : Le projet BUDAM est né dans les montagnes, en Espagne. Durant cette période de quatre mois, j’ai écrit certaines chansons du premier album et lorsque je suis rentré aux îles Féroé j’ai contacté mes amis Magnus (Piano) et Ása (chant) ainsi que deux autres musiciens pour développer le projet.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Bùi : Les îles Féroé sont très petites, tout le monde se connait. J’ai rencontré Ása dans un bar… Comment déjà ? (se tournant vers Ása)

Ása : Tu as renversé ta bière… J’ai pris un bout de chiffon et ai commencé à nettoyer, tu sais, comme toutes les femmes le font. Et là il m’a regardé et à dit :  » Hey, essaye de faire ça !  » (elle commence à se frotter les mains) puis a ajouté : « Tu sens cette énergie ?  »

Bùi : Et elle l’a ressenti. Puis nous avons commencé à chanter ensemble, c’était magique !

Ása : Oui, et cette magie s’est amplifiée progressivement.

Bùi : Magnus était mon professeur lorsque j’étais plus jeune. A l’époque, j’apprenais la guitare jazz et dans ce domaine, il était La référence dans les îles Féroé, je me suis donc adressé à lui afin de prendre quelques leçons. T’en souviens tu ?

Magnus : Oui je me souviens ! Mais je pense que nous nous connaissions déjà avant…

Bùi : Nous nous sommes certainement rencontrés avant mais c’est à ce moment que notre collaboration musicale a commencé. Et j’en suis tombé amoureux !

BUDAM, la face cachée, le côté obscur de Bùi Dam ?
Bùi : Lorsque tu es sur scène, tu incarnes un autre personnage, on peut dire que BUDAM est mon côté le plus sombre. Aussi, en concert, tu as la possibilité de libérer tes émotions en les amplifiant, la tristesse comme la joie mis en scène pleinement. C’est ce que nous faisons avec BUDAM.

Sur MySpace, une citation de Duke Ellington sur la bonne et la mauvaise musique. Qu’est-ce que la bonne Musique ? Quelquechose qui procure des émotions profondes ? Quelquechose qui transcende la Vie et se/nous rapproche du Divin ?
Bùi : C’est tout cela…

Ása : Je ne pense pas que l’on puisse mettre la musique dans des boîtes…

Bùi : Pour toi, Magnus, c’est quoi la bonne Musique ?

Magnus : C’est une question difficile… Mais tu as mentionné Dieu, et je pense effectivement que cela nous pousse à chercher quelque chose de plus grand, d’éternel.

Bùi : Quelque chose de plus grand que l’on pourrait apparenter à Dieu. Le fait de jouer de la musique, mais aussi de l’écouter, est quelque chose de spirituel. C’est aussi une manière de se connecter au public et aux musiciens d’une manière formidable. Je pense qu’on peut revenir à ça (frottements de mains) pour ressentir cette même énergie sur scène, cette connexion avec le public.

L’album « Stories of devils, angels, lovers and murderers ». Quelques mots sur sa conception / réalisation ?
Bùi : Nous avons débuté par des concerts et lorsque nous avons pris conscience de l’évolution de notre musique, nous avons décidé de faire un album. Nous étions cinq : un batteur, un bassiste, Magnus, Ása et moi. Nous sommes entrés en studio sans vraiment savoir ce qui allait se passer. C’est là que nous avons pu tester les chansons dans une atmosphère d’énergies positives et de fun qui s’est matérialisée dans ce premier album…Et d’ailleurs, nous étions nus durant l’enregistrement car il faisait très chaud, le soleil frappant sur la vitre du studio. C’était très amusant…Même que, Magnus est très beau tout nu ! (rires)

Un de vos titres s’intitule « Clap Hands » comme la chanson de Tom Waits sur l’album « Rain Dogs « . C’est une composition originale et non une reprise, un hommage rendu à ce très grand artiste ?
Bùi : Oui, tu peux tout à fait voir ça comme un hommage à Tom Waits. De manière évidente, Tom Waits m’inspire : son énergie en tant que musicien, sa voix, ses paroles … Mais j’ai arrêté d’écouté sa musique de peur d’en devenir une pâle copie .. Sinon pour revenir à la question, oui, j’ai fait cette chanson en m’inspirant de lui.

Cet album est un recueil d’histoire où le réel se mêle à la fiction. Quelle est la part de vérité ? Quelle est la part d’imaginaire ?
Bùi : C’est très difficile de différencier les deux. Quand tu expérimentes quelque chose, en particulier en tant qu’artiste, tu reformules ce que tu vois sous une forme artistique. Il y a une part de vérité, la vérité de l’expérience de l’art qui vient à l’artiste. J’ajouterai que la plupart des grands conteurs, comme Tom Waits, sont aussi de grands menteurs. Si vous racontez votre histoire de manière logique ou rationnelle, elle perd de sa magie. L’artiste, à l’écoute de son public adapte son recit pour lui donner toute sa substance plaisir.

Raconter des histoires, cela permet aussi de s’ouvrir et de se connecter à l’autre…
Bùi : Du fait que nous partageons tous d’une manière ou d’une autre des expériences similaires, la perte, la joie, le sexe, la tristesse, le deuil … Oui, raconter des histoires est réellement un moyen de se connecter à l’autre.

Une mère actrice, un père conteur, et toi, Bùi, associant histoires chantées et mises en scène théatrales de style cabaret …
Bùi : Oui, c’est une démarche assez naturelle pour moi, qui ai grandi entouré d’acteurs. Adolescent, j’ai commencé à jouer de la musique pour me rebeller, je ne voulais pas devenir acteur comme mes parents. Mais en grandissant, cette facette d’acteur s’est dévoilée.

Quelques mots sur la scène musicale des îles Féroé ?
Bùi : Il y a beaucoup de bonne musique. C’est une petite communauté musicale de styles très variés et tout le monde joue avec tout le monde. Par exemple, Magnus joue dans beaucoup de groupes et il incorpore ces différentes influences dans notre musique. Il n’est pas juste un expert en jazz, il joue aussi du rock, de la musique classique, il est un mélange de plein de choses.

Un large éventail de styles dans un tout petit pays, et donc, sans doute, une population très éclectique ?
Bùi : Le Monde entier y est représenté. Dans le Sud, les gens sont passionnés, un peu comme les Italiens ou les Français. Au Nord, c’est tout le contraire. Comme si le monde entier se retrouvait sur cent kilomètres.

-> Facebook : facebook.com/budam

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