interview

birdy

Un nom de groupe emprunté à une scène du film de Blake Edwards « The Party »avec Peter Sellers, quatre musiciens experts du « turntablism » aux allures de DJs qui remplissent les salles à chaque concert. La musique de Birdy Nam Nam ne se réduit pas à un genre musical, elle est émotion et mouvement, poétique ou dynamique, toujours audacieuse. Une rencontre faite le 21 Octobre 2006 à l’Aéronef de Lille.

Qu’est ce qui vous a donné l’envie de monter un groupe ?

Crazy B : La passion, l’amour de la musique. À force de jouer la musique des autres, on a envie de créer la sienne. Comme on est des DJ au départ, on a voulu utiliser l’instrument qu’on connaît le mieux, la platine.

Quel a été votre premier contact avec le « Scratching » ?

Crazy B : Cela doit être en 1985…

Lil’Mike : À la fin des années 80, j’avais une platine Playskool et plein de vinyls…C’est mon grand frère qui avait des platines mais le truc, c’est que je n’arrêtais pas de péter les diamants parce qu’il n’y avait pas de lecture avant-arrière. J’essayais de faire ça discrètement !

Il faut beaucoup d’entraînement et de motivation pour être reconnu comme vous l’êtes dans l’univers DJ ?

Lil’Mike : C’est comme pour un musicien, tu assimiles les choses, tu travailles la technique et au fur et à mesure tu comprends et tu évolues dans ton domaine.

Crazy B : On est des musiciens, on fait de la musique. À partir de là ça demande du travail, des efforts pour avancer. Et même si la platine n’est pas considérée comme un instrument traditionnel, on a des échanges très productifs avec les musiciens, on peut jouer avec eux en temps réel, on est avec eux et comme eux…C’est le même groove.

Et si vous aviez choisi une autre voie artistique ?

Crazy B : J’ai essayé des instruments quand j’étais jeune mais j’ai jamais réussi à passer le cap, à m’y investir. La platine, ça a été une révélation . Et vingt ans après j’aime toujours autant ça et j’ai du mal à imaginer autre chose. Sinon, autrement, j’aurais bien aimé faire de la basse ou de la guitare.

Lil’Mike : Petit, j’adorais dessiner et j’ai continuer jusque tard mais finalement je n’ai pas suivi cette voie. Et même si j’aime toujours autant dessiner, ça m’inspire un peu moins. Il y a eu un temps où je souhaitais faire du théâtre, histoire d’expérimenter. Et maintenant, mes envies sont plus d’essayer des instruments traditionnels comme la batterie, la guitare, le clavier.

Tout groupe a des influences musicales -ou autres- que l’on retrouve dans les compositions ( rythmes, texture sonore, ambiances…). Comment se dégagent vos influences ?

Lil’Mike : Ce sont les énergies qui nous attirent dans la musique, moi je me retrouve plus dans ce qui est énervé, Denis (DJ Need) des trucs plus cool, Nico (Crazy B) encore autre chose, on se retrouve dans plein de styles…

Crazy B : C’est rare que lorsque l’un d’entre nous aime quelquechose les autres disent que c’est de la merde. On se fait découvrir des choses mutuellement et il y a une unité qui se crée, on a un peu tous les mêmes influences même si Mike est un peu plus dans le rock et que je suis davantage baigné de Black Music , j’ai été influencé aussi par le rock et par le punk par mon frère. Denis c’est pareil, il était skateur et écoutait de la funk et du punk, Thomas (DJ Pone) aussi …

Lil’Mike : Et pour tous aussi du rap…

Crazy B : Voilà, on a une culture musicale très large à la base et on trouve qu’ il y a de bonnes choses dans tous les styles. Pourquoi se limiter ?

Vous mélangez les styles ?

Lil’Mike : Le mélange est pas voulu, c’est juste naturel, on fait de la musique comme on la sent, pas de concept, rien de réfléchi.

Crazy B : Quand on trouve un son, on se laisse porter. Il nous amène dans diverses directions et on assume la suite, on bloque pas dessus et du coup on est nous mêmes surpris de ce que l’on crée. On ne sait pas où le son va nous mener au départ. C’est le choix du son qui importe, c’est lui apporte l’émotion. Notre musique est assez imagée, on aime les atmosphères, on se laisse entraîner en toute liberté et on aime se faire surprendre aussi.

bnn1Djs in the night…(photo: Jessie Chevin)

Pensez vous être les initiateurs d’un nouveau genre de groupe, d’un nouveau style de musique ?

Lil’Mike : Initiateurs non, parce qu’à la base les premiers à avoir fait ça sont des américains. Selon le même concept, se mettre ensemble et jouer comme un groupe. C’était dans les années 90. Nous ne sommes pas non plus initiateurs d’un nouveau style de musique, ce que l’on fait est très personnel, c’est la fusion de quatre éléments…Avec quatre autres personnes, cela pourrait être totalement différent.

Crazy B : On fait ce qu’on sait faire, on se positionne pas. Il est vrai qu’il y a ce phénomène nouveau, des DJs qui font plus que jouer des disques et qui créent des morceaux, on a pu montrer une autre facette du DJ, à savoir, qu’il pouvait lui aussi composer de la musique comme tout autre musicien. Et puis sur scène, utiliser des platines comme un instrument et ce, en temps réel, ça marque aussi beaucoup les gens. Mais bon, nous notre but premier c’est offrir de la musique qui dégage des émotions.

Comment se crée un titre des Birdy Nam Nam ?

Lil’Mike : Ça vient naturellement d’une idée, d’un sample, d’un gimmick, d’une guitare, de basse, de n’importe quoi, d’un son qui tourne…..et à partir de là on a quatre tables, quatre platines, on enregistre le tout sur ordinateur avec un logiciel multipistes et on enrichit par d’autres trouvailles sonores. Et parfois, ontrouve des morceaux en jammant à quatre, on joue et des boucles se forment. Elles nous plaisent et on les utilise.

Crazy B : On peut faire la comparaison avec la partie Free Style de nos concerts, on part sans savoir où cela va nous mener, on crée sur le moment , on improvise et parfois de jolies choses se forment, parfois, non.

Lil’Mike : Tu écoutes l’ensemble, tu cherches une texture sonore, quelque chose qui entre dans le spectre sans que ce soit le bordel et après tu t’accordes..

Crazy B : Parfois non…

Lil’Mike : Ça arrive oui, les accidents …

Crazy B : Ça peut être bien les accidents aussi, si ça fonctionne de faire des trucs bizarres, c’est pas un problème pour nous. Vu qu’on écrit rien avant, on part vraiment dans l’inconnu. Comme je te dis, on est parfois les premiers surpris par nos compositions, quand le morceau part dans tous les sens…C’est une sorte de voyage.

Vous n’avez donc pas de partitions ?

Crazy B : Non, on pense même pas aux mélodies avant, c’est juste avec ce que chacun amène que l’on crée quelquechose. L’un arrive avec un gimmick, l’autre un rythme, le troisième un complément…C’est spontané, aucunement formaté, c’est ça qui est intéressant.

Et donc si rien n’est écrit, les morceaux composés sont joués différemment à chaque concert ?

Crazy B et Lil’Mike : Non…

Crazy B : Pour rejouer nos morceaux sur scène on utilise des séquences. On ne peut pas tout rejouer, on est calés à quatre sur une séquence, ce sont des choses qu’on a répété. Pour les concerts, tout est défini à 80%. Il y a des shows à quatre sans séquences aussi où là ça découle du Free Style.

Lil’Mike : Ça te permet de garder une certaine liberté quand on doit faire tourner quelque chose plus longtemps contrairement au travail avec le séquenceur. On fait durer. C’est aussi pour ça qu’on a eu envie de travailler avec des musiciens.

Birdy Nam Nam avec du chant ?

Crazy B : Pourquoi pas, un jour. De toute façon je pense qu’il y aura pas mal de nouveautés dans le second album. On sera dans d’autres conditions, moins roots, de nouvelles envies. Et ça se fera aussi grâce aux rencontres, si on trouve des personnes avec qui c’est intéressant de travailler et qui sont motivées….

Lil’Mike : Comme on est exigeant…

Pensez vous qu’il y ait un esprit de compétition dans le milieu de la musique comme dans l’univers des DJ ?

Crazy B : Je pense qu’il y a des cons partout, y en a pas mal chez les DJs, il doit y en avoir pas mal aussi chez les musiciens. Enfin en ce qui nous concerne, on a rencontré plein de gens intéressants et on a eu de très bons échanges, de très bonnes approches avec les musiciens, c’est pour ça qu’on travaille avec eux. C’est vrai que nous les DJs, on était dans le délire compét’, ça faisait partie du truc Hip Hop, la « battle », mais ça restait un esprit bon enfant.

Lil’Mike : Puis en même temps, quand tu fais des concerts il y a quand même un esprit de compétition dans la mesure où, par exemple, lors de festivals, tu as envie d’éclater plus que le groupe qui joue avant et après toi !

Crazy B : Ouais, ça se sont des restes de nos championnats…

Lil’Mike : C’est quelque chose qui nous motive énormément…

Crazy B : Oui, on a cet esprit compét’ encore en nous mais c’est positif, ça nous booste, ça fait évoluer les choses !

bnn3Freestyle power…(photo: Jessie Chevin)

Les musiciens ce sont des potes à vous ?

Crazy B : Gaëlle aux percussions, c’est une amie de Pone. La première fois que nous avons joué ensemble c’était à la Maroquinerie, ça s’est super bien passé. Sylvain au clavier, c’est Pone aussi. En fait, Sylvain était intéressé pour faire quelque chose avec un DJ et nous, on cherchait justement un claviériste pour Birdy Nam Nam. Pone a proposé Sylvain qui nous a amené ses deux compères, Yann à la basse et Julien à la batterie.

Et lorsque vous les voyez jouer, ça vous fait quoi ?

Crazy B : J’ai envie de les frapper, ils m’énervent !!!!

Lil’Mike : Moi, j’aimerais bien faire pareil !

Crazy B : Non, mais c’est génial de jouer avec des musiciens aussi ouverts (parce qu’il y a des musiciens qui jouent avec des DJs qui ne le sont pas du tout), on s’apporte mutuellement des choses, c’est une belle énergie.

Lorsque vous jouez avec eux, les atmosphères sont moins électro, beaucoup plus rock et jazz. Avez vous déjà pensé jouer avec des musiciens plus tendance « classique », un orchestre symphonique, un quatuor à cordes… ?

Crazy B : On a composé pour une pièce contemporaine d’un artiste qui s’appelle Wayn Straub (Le come-back de Jean Baptiste). On a créé les ¾ des musiques, les parties ont été réécrites et ont été réintégrées pour un orchestre symphonique. On a joué cette pièce 7 fois dont 2 fois au Théâtre de la Ville à Paris. C’était un super moment, un univers très « cinématographique » dans notre carrière, une musique assez noire, assez glauque…

Lil’Mike : Noire et glauque oui, mais une histoire d’amour tout de même, un amour un peu triste.

Crazy B : Ce qui nous a plu en premier lieu c’est justement de jouer avec un orchestre symphonique. On a envie de ce genre d’expérience, on veut aller partout.

Lil’Mike : À la base on vient du Hip Hop mais maintenant on fait une musique complètement crossover , une expérience en théâtre contemporain, des jams avec des musiciens rock, du jazz….

Faire des Bandes Originales de films, ça vous plairait ?

Crazy B : On a travaillé un peu pour « le Transporteur 2 », on a fait 7 minutes de musique. C’était la première fois qu’on nous demandait de faire de la musique pour un film. On a justement envie de développer pas mal ce genre d’expérience, ça nous intéresserait de composer la bande son de tout un film, on l’à déjà fait pour une pièce de théâtre alors on s’en sent capables. Birdy Nam Nam c’est pas juste un groupe sur scène avec ses morceaux.

Lil’Mike : On ne veut pas se cantonner à la routine album, tournée, album, tournée….On veut faire de la musique pour d’autres choses…

Comment s’est passée la rencontre avec les labels ? Comment avez vous convaincu un label de vous signer ? Le fait d’avoir des références comme Alliance Ethnik ou Svinkels, c’est un plus pour ouvrir des portes ?

Crazy B : On a eu beaucoup de mal, perdu beaucoup de temps. On a trouvé un label un an et demi après la réalisation de l’album. On a eu des propositions, des gens hyper intéressés qui nous ont fait galérer et perdre du temps. On nous rappelait, on nous faisait perdre encore du temps jusqu’au jour où le label UW (Uncivilized World) a souhaité nous signer. On était sorti de l’impasse. C’est un petit label indépendant qui a tout de suite compris notre musique, notre univers. On a pu sortir l’album. Avec UW, les échanges sont humains, on gère pas mal de choses, comme le graphisme, par exemple. En plus, on a la priorité du label, à la différence d’une major où tu seras un numéro sur une liste alors pour demander quelquechose….Là, on peut dire les choses, ça réagit vite, on s’embrouille s’il faut s’embrouiller mais c’est pas grave, ça avance. C’est une très bonne rencontre, ça se passe très bien.

Les répétitions, ça se passe comment ?

Crazy B : Dans un petit local dans des conditions un peu roots et dans un bon esprit. On jamme tous ensemble, on crée à partir de là.

Vous faites beaucoup de scène, pour vous, les concerts ont-ils plus d’importance que les passages en studio ?

Lil’Mike : Non, c’est un équilibre en fait. La composition nous est nécessaire. Ça fait maintenant un an et demi qu’on tourne et on a envie de s’arrêter pour pouvoir produire à nouveau, faire un nouvel album. En même temps, les sensations que tu ressent lorsque tu fais des concerts, c’est fort, tu retrouves ça nulle part et je pense que tu dois vite faire chier dans la vie quand tu n’as plus ce genre de sensations…

Et pour les concerts, vous avez un chargement d’une centaine de disques qui vous accompagne ?

Crazy B : Non, on a fait represser les disques pour mettre tous les sons dont on a besoin et d’autres sons supplémentaires pour créer de la matière pour les parties Free Style.

Que pensez vous des nouvelles technologies (internet, MySpace…) et ce qu’elles peuvent apporter aux artistes ?

Crazy B : C’est un moyen de promotion et de découverte intéressant et accessible à tous. L’artiste peut se prendre en main, se gérer. Pour l’utilisateur, ces outils doivent amener une bonne culture, donner envie d’acquérir quelque chose, pas être un simple moyen pour télécharger à outrance. Nous, on a fait un album avec une belle pochette, un Digipack , alors qu’on avait pas les moyens. On l’a un peu imposé à la maison de disque. C’est aussi à l’artiste de faire des démarches pour donner envie d’acheter plutôt que de télécharger aveuglément.

Comment arrivez vous à laisser passer des émotions en scratchant des disques ?

Crazy B : Ce n’est pas scratcher, c’est manipuler. Le plus souvent ce sont les mélodies qui te parlent. Notre musique est faite d’émotions. Si on est tristes, dans une période sombre, on fait des morceaux assez noirs. lorsqu’on est dans une période plus fun, on fait des titres fun. On fonctionne beaucoup avec l’émotion du moment. Quand tu es dans cet esprit au départ de la création, les gens le ressentent vachement. On a tous des émotions et tous une interprétation différentes de celles ci. Tout le monde se fait son film sur nos morceaux c’est marrant. Et le fait qu’il n’y ait pas de textes, ça te permet de divaguer davantage…On avait fait un morceau sur l’amour alors que nous étions tous en rupture, le morceau reflétait ça pour nous. Pour le public, cela pouvait être bien d’autres choses…

Et la prouesse technique, ça a beaucoup d’importance ?

Crazy B : Dans la manipulation, la création de rythmes, oui.

Le choix des titres ?

Crazy B et Lil’Mike : Comme on peut !

Crazy B : On s’en sort comme on peut, franchement on est nuls pour ça. Souvent on a donné d’autres noms à certains de nos morceaux. Bon y a toujours des références, comme le titre « Engineer Fear », c’est parce que c’était le titre le plus gros de l’album et que l’ingénieur du son a été obligé de lfaire en deux parties. Quand il ouvrait la session, il avait peur !

Avec le temps et la renommée, vous devenez plus pointilleux ?

Crazy B : On est moins dans la performance Scratch, on a plus le temps. On travaille davantage le fait d’être un groupe avec des musiciens. L’un fait la batterie et à force il est de plus en plus dedans. On se connaît de plus en plus et ça fonctionne de mieux en mieux.

Et lorsqu’on vous compare à tel ou tel artiste, ça vous irrite, ça vous amuse ?

Lil’Mike : Moi ce qui m’énerve c’est quand on nous compare à Shadow ou DJ Crush…

Crazy B : Les gens ont besoin de références, une sorte de repère…Mais c’est vrai que Shadow ça n’a rien à voir avec ce que l’on fait. Il ne fait que des boucles…

Lil’Mike : Viens à un concert de Shadow et à l’un de nos concerts, ça n’a rien à voir, le constat est là !

Crazy B : Ouais, mais pour l’album, il fallait déjà parler d’un DJ qui fait de la musique, et non d’un musicien. Et c’est bien cela que je regrette, c’est qu’on nous compare toujours à des DJs, jamais à des musiciens. On pourrait citer des noms d’artistes électro qui ne sont pas DJ. Je trouve franchement que les comparaisons sont pas toujours fondées.

Vous faites des productions sur vinyls. Ça vous arrive de manipuler votre propres productions pour en ressortir d’autres mélodies ?

Crazy B : On est pas encore arrivés à la fin de cette boucle. Ce serait intéressant.

Lil’Mike : Mais bon, franchement, si on fait la même chose que DJ Crush, c’est vraiment chiant, j’ai pas envie de remixer !!

Vous avez toujours de bonnes critiques de la part des médias, des louanges pour vos concerts. Alors heureux ?

Crazy B : Oui, on a de bons échanges, les gens nous envoient plein d’énergie et même si parfois c’est dur, on a toujours envie d’offrir encore plus à chaque fois. On a fait le choix de faire des shows toujours différents, avec des lumières, de la vidéo, des musiciens….C’est une démarche faite pour faire plaisir aux gens qui viennent nous voir, on a ces exigences même si on a pas le temps d’assouvir tous nos désirs…

Lil’Mike : On évolue pas au stade où on voudrait…

Crazy B : On ne fait pas vraiment maintenant ce qu’on a déjà en tête et parfois, il y a décalage…Tu fais un album, tu le défends sur scène, t’as envie d’autre chose et tu peux pas le faire dans l’instant. Il y a toujours une marge de progression… À suivre….

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