chronique

MELL
/ Album « Déprime & Collation »
/ Sortie le 11 Novembre 2016

// Mell c’est cette fille, cette rockeuse, que j’ai découvert d’abord sur des compiles et puis avec le clip complètement dingue d’un de ses titres, « Porcherie » issu de l’album « C’est quand qu’on rigole ». Ouais j’ai adoré écouter Mell, cette fille tout droit sortie du rock alternatif, son franc-parler mais jamais vulgaire, qui nous envoie à la gueule tout ce qu’elle pense avec rage, humour, dérision, un brin provoc’ mais qui sait aussi se faire tendresse et sensibilité.

Mell-deprime

Ouais, j’ai adoré écouter sa musique tantôt presque punk, tantôt jazz manouche en passant par le rockabilly, alternative tous cuivres sonnants et surtout cette guitare rock dont elle joue si bien. Ouais j’ai adoré cette fille qui joue dans les bars, souvent en solo, qui rigole avec le public et aime trinquer autour d’une bière. Et puis honte à moi, j’en suis resté là…

Mais comme on revient toujours à ce que l’on aime et qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, me voici aujourd’hui avec entre les mains le nouvel album de Mell : « Déprime et Collation ».
Et là ! Comment dire…Quelle surprise !!! Ou devrais-je dire, Quelles surprises ! Ben oui, c’est pour moi plus qu’une redécouverte, c’est une révélation, oui, n’ayons pas peur des mots et c’est en véritable fan que j’écris ces lignes.

D’abord la pochette de l’album très belle, très soignée avec les textes des chansons imprimés en vernis transparent sur une photo de Mell vêtue de noir, marchant dans la nuit sur un chemin empierré. Oups, ça annonce sûrement un album pas très festif, surtout au regard du titre un peu énigmatique imprimé en relief : « Mell, Déprime et Collation ». Et puis je retourne l’album et là encore une surprise ! C’est un double album ! 20 titres à se mettre entre les oreilles ! De nos jours c’est super rare. On dit que les gens n’aiment plus ça car c’est trop long à écouter, et oui, les gens sont toujours pressés, ça ne va jamais assez vite…En tout cas pour moi c’est une bonne surprise car souvent les doubles albums sont construits d’une façon toute particulière.

Allez, je me lance je l’écoute…
Whaoo !!! Ça t’est déjà arrivé d’être heureux après avoir écouté un album, tellement c’était beau, tellement il t’a plongé dans une atmosphère particulière, tellement il t’a transporté dans un état un peu méditatif ? Si tu aimes la musique et que tu as l’esprit un tantinet sensible alors oui tu sais de quoi je parle.

Je le réécoute…Et puis encore…Et puis encore…Et je ne m’en lasse pas, j’y découvre au fur et à mesure toutes ses subtilités.

Je déclinerai l’ambiance de cet album en trois styles qui se complètent. Des morceaux intimistes et langoureux avec une légère touche 60’s dans le son de la guitare de Mell, genre Hollowbody avec un bel écho. Mais aussi un brin folk et blues. Ensuite ambiance plus tendue, plus dansante carrément New-Wave début 80’s et très classe. Enfin, très surprenant et audacieux, des morceaux instrumentaux (9 titres sur les 20 de l’album).

Comme la pochette de l’album le laisse présager, les textes de Mell ne font pas dans la franche rigolade. On est ici dans la fragilité de nos émotions humaines face à des amours déçues, des blessures de l’âme, l’amertume et le doute, l’étrange, le trouble…parfois très poétique. Mais non, Mell n’est pas là pour faire pleurer dans les chaumières. Le sujet est récurrent, certes, mais les mots de Mell sont toujours insolents, ironiques et l’artiste aime à faire preuve d’autodérision.

On écoute des histoires souvent très imagées chargées de poésie. Et c’est là que la magie des instrumentaux opère. Ils donnent de l’écho à l’univers des chansons. Ils sont, pour moi, comme une B.O. des émotions que nous procurent les chansons, un recueillement dans notre imaginaire. Ils ont un pouvoir d’évasion : j’ai fermé les yeux et sont venus à moi, des villes la nuit, des rues au petit matin après la pluie, des champs de blé dans le vent et sous le soleil où se balancent çà et là quelques coquelicots, des paysages qui défilent vus d’un train, mais aussi des images, des pochettes d’album comme celles de « Roulette russe » de Bashung ou « Alambic/sortie sud » de Thiéfaine et également des ambiances cinématographiques comme certaine séquences de « Tchao Pantin » ou des atmosphères Lynchiennes. Bref, à chaque moment ses émotions.

Ainsi voici pourquoi j’adore cet album. Puisse-t-il te séduire autant qu’il l’a fait pour moi, la voix de Mell est superbe. C’est une véritable surprise et je n’attends plus qu’une chose c’est d’aller la voir en concert !


(Mell : Au Cinéma)

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