chronique

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la pietà « Chapître III / IV » (EP)

Il y a un an je découvrais La Pietà avec le titre « La Moyenne », sorte hymne electro punk dans lequel une voix féminine slamait ses déceptions, ses manques, ses désespoirs, ses angoisses, la solitude et le mal être dans un monde où l’on a du mal à trouver sa place, un monde d’entre les deux, le monde de la moyenne.

Lorsque j’ai voulu en savoir plus sur qui était La Pietà, j’ai découvert une chanteuse cachée derrière un masque de chat. Un anonymat volontaire pour faire abstraction à toute identité et pouvoir s’exprimer de façon générale sans que l’on puisse attribuer le contenu des textes à une seule personne, mais plutôt à chacun d’entre nous, M.,Mme Tout le Monde.

Ainsi, le projet de La Pietà vit le jour avec l’écriture d’un roman. Celle-ci, après avoir passé plusieurs années dans le monde du rock et essuyé quelques galères, décide de se retirer un moment pour prendre un peu le temps de vivre plus sereinement. Elle commence à écrire mais, l’envie de faire de la musique revient assez naturellement. Elle aborde alors une nouvelle façon de composer et c’est devant son ordinateur qu’elle construit des morceaux electro sur lesquels elle viendra y poser des extraits de son roman. Satisfaite du résultat et de la grande liberté que cela lui procure, elle décide d’éditer sa musique non pas sous la forme standard d’un album, mais sous forme de chapitres contenants chacun trois titres. Les deux premiers chapitres sont sortis sous forme d’EP en 2016, six titres electro rock allant du sombre au dansant illustré par des textes punk dépeignant une société dont nous sommes les pantins, enlisés dans un monde qui oriente nos vies, nos actions et nos pensées. Bref, rien de bien gai, mais La Pietà laisse une lueur d’espoir, se débat, se débourbe de ce lisier pour dire : Non !

(La Pietà : Tutto Va Bene)

Un an plus tard, après une série de concerts de dingue ultra dynamiques et des clips à la fois mystérieux et provoquants, La Pietà remet ça avec deux nouveaux chapitres. Le tableau ne s’éclaircit pas, la dame en remet une couche et gagne encore en intensité. Sombres, rudes, provoquants, les textes font mal. Rejet de ce que nous sommes, exposition de traits, de portraits, de moules dans lesquels on nous classe et rejet, refus d’en faire partie. Les rythmes binaires d’une electro-rock parfois lancinante et sombre ou bien punchy, un phrasé entre le punk et le rap, accompagne les angoisses, la détresse des paumés subissant que nous sommes.

La Pietà dresse un constat alarmant de notre monde au quotidien, sur le temps qui passe, ce que l’on était et ce que l’on est devenu. Le futur qui est devenu le présent. On y est, on s’était dit jamais et pourtant on le fait. On perd des gens et des choses et on se perd soit même. Errance et combat dans une société de consommation et d’intérêts qui nous contamine de besoins et de manques, qui nous robotise et nous abruti avec nos portables, tablettes et leur bouillie d’applications. La Pietà nous bouscule, nous sort la tête de l’eau et ça fait du bien.

Deux nouveaux chapitres, composés de trois titres chacun, violents, rebelles, urgents, intelligents, dérangeants, à écouter, à voir, à vivre. La Pietà continue à distiller son puzzle, c’est une histoire addictive à suivre de près.

(La Pietà : J’aime pas les gens)

(chroniqueur : Vincent Vince Picozine)

-> Site : http://www.jesuislapieta.com
-> Facebook : facebook.com/Lapietamusic

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