interview

Des textes au sensible authentique, de la poésie où l’intime et la mélancolie se révèlent en lumières sur des musiques inspirées, Lombre, un univers riche de saveurs d’âme à découvrir au plus vite !!(©photo : Kevin Spadafora)

Pouvez-vous présenter votre parcours ? Vous venez d’où ? Comment tout a commencé ? Quelles ont été les principales étapes et rencontres fondatrices de votre projet jusqu’à aujourd’hui ?

Alors, je m’appelle Andréas, j’ai 23 ans je porte mon projet « LOMBRE » depuis 4 années maintenant. J’ai grandi à Rodez dans l’Aveyron et j’ai fait évoluer mon projet là-bas avant de partir faire mes études à Castres, puis déménager pour la musique sur Toulouse.

J’ai commencé à écrire à 12 ans dans une période ou ça n’allait pas fort à la maison. J’avais besoin d’un exutoire pour parler de mes peines, de mes plaies fraîchement ouvertes, de mes interrogations face à la vie et ce que je vivais durant cette période. Puis, petit à petit, cet exutoire est devenu une passion, puis mon métier.

Durant ces 4 années, j’ai eu la chance d’être lauréat de plusieurs prix notamment le Prix d’écriture Claude Nougaro sur Toulouse qui m’a permis de lancer réellement le projet en 2016. Mais également d’ouvrir la scène pour beaucoup d’artistes comme Bigflo & Oli, Georgio, Cabadzi, Féfé, Oxmo Puccino, Grand Corps Malade, Izia etc. Je viens de sortir mon deuxième EP « La lumière du noir » et j’en suis là… À le défendre tant bien que mal dans cette période pas facile.

Quelle place occupe la musique dans votre quotidien ? Ressentez-vous la pratique musicale comme un « besoin vital », un moyen d’échapper un peu du quotidien, un désir d’exprimer votre être… ?

Une très grande place.. Vous imaginez ? C’est à la fois une passion, un métier et un exutoire. C’est immense. C’était un rêve de gosse de pouvoir vivre de ma passion, de pouvoir faire de la musique sur des grandes scènes.

Aujourd’hui j’en suis là et j’essaye donc de savourer la moindre seconde de mon parcours et tout ce qui se passe au quotidien dans ma vie. Clairement !
Comme je le disais, l’écriture et la musique ont toujours été pour moi un moyen de déclamer une urgence, de m’échapper ailleurs. Me servir de mes failles pour surmonter la honte, la peur et aller vers la lumière du bout du tunnel, vers l’espoir. C’est limite une thérapie pour moi.

Parlons de votre professionnalisation : quels en ont été les déclencheurs ? Avez-vous rencontré des difficultés dans le cadre de cette professionnalisation ? Des aides et des rencontres en particulier vous ont-elles permis d’y croire et d’avancer ?

Tout s’est super bien passé dans ma professionnalisation. Je m’explique. Je finis mon DUT en septembre 2018, en novembre je commence la formation « Parcours d’artistes » organisé par Octopus à Toulouse pour connaître plus en détails les métiers du spectacle et, à la fin de la formation en février 2019, je demande mon intermittence que j’obtiens. Timing parfait !

Ma scolarité n’a pas été évidente. L’école, ce n’était pas fait pour moi, je ne me sentais pas à ma place en cours. Alors, au fond de la classe, je me promettais que j’allais vivre de ma passion, que je n’avais pas le choix, que c’était ça ou rien. Je me suis donc donné les moyens de le faire, et j’ai eu la chance et l’honneur d’obtenir mon premier statut à 21 ans. C’est clairement une fierté.

Pour en revenir aux gens qui m’ont aidés, j’ai pu compter sur la structure Octopus puisque quelques heures de la formation étaient pris en charge pour ouvrir le statut, l’association AJAL en Aveyron m’a permis également de faire des actions culturelles dans plusieurs écoles aveyronnaises.

Les initiatives comme le Crossroads, ça représente une aide précieuse ?

C’est une grande chance d’être dans une sélection telle que celle du Crossroads. Je me retrouve à partager l’affiche avec 25 projets costauds, une équipe hyper attentive et fière de porter mon projet.

Grâce au Crossroads, j’ai eu beaucoup d’interviews promo, ce qui est parfait puisque ça tombe pile au moment de la sortie de mon nouvel EP « La lumière du noir ».

Puis la live session a été faite dans de superbes conditions au Krakatoa à Mérignac (à côté de Bordeaux). Ca permet de faire partager aux gens un live virtuel dans ces temps où, nous artistes, sommes attristés d’être loin de notre public.

Et quel a été l’impact de la crise sanitaire sur vos activités ? Avez-vous ressenti la nécessité de repenser votre mode de fonctionnement, d’aborder et de tester de nouvelles pistes pour vous faire connaître ou vous développer ?

L’impact a été ni plus ni moins le même que pour tous les autres artistes je crois : beaucoup de remises en question, beaucoup de moments ou je tournais en rond chez moi, et une peur intense de ne pas savoir quand allait reprendre notre travail, accessoirement notre raison de vivre… Effectivement, j’ai pu faire des live sessions, des live streaming mais bon, ça n’a pas la même saveur qu’un vrai concert avec des gens physiquement là… Mais il faut rester positif et y croire…

Enfin, quelle est votre actualité et avez-vous un dernier mot à ajouter pour conclure cette échange ?

Mon actualité, c’est la sortie de mon nouvel EP « La lumière du noir » qui a été réalisé par Clément Libes (Kid Wise, Bigflo & Oli…). 6 titres représentatifs de ma manière de penser, de voir la lumière même dans les phases les plus obscures. J’ai clairement lâché un bout de moi dans cet EP qui me représente complètement.

Qui dit sortie d’EP dit de la promo, des concerts (inch’allah). Pour l’instant, l’accueil est plutôt très positif donc je suis content !
Mon mot de la fin sera quelque chose que je dis souvent mais qui est tellement sincère : mon nouvel EP me ressemble, alors j’espère qu’il vous ressemblera et qu’il rassemblera.

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