interview

Envoûté et envoûtant, Khâro, duo Lillois aux intimes électriques où la voix se plaît à jouer de sa liberté sur des chemins de cordes sensibles sous tensions. Un dernier album intitulé “Havens” est sorti fin 2018 et ce 7 Mars est paru le dernier single, “Noctuna”, création commune entre Khâro et By-K. À l’occasion de leur passage au festival à vivre à la Maison « Les Oreilles Au Salon », quelques questions posées sur leur ressenti actuel.
(Mai 2020 – par Hervé Collet.)


(Live « Les Oreilles Au Salon » – 01 Mai 2020)

On vit une étrange période où les concerts s’annulent, les sorties de CD sont souvent décalées. Comment vivez-vous cela au niveau professionnel et personnel ?

Musicalement, nous le vivons plutôt très bien ! Nous ne sommes pas dans une période de sortie d’album, donc ça ne change pas grand-chose pour nous à ce niveau… Par contre, cela doit être différent pour les artistes qui avaient prévu sortie d’album et tournée juste en ce moment…

Pour nous c’est plutôt très positif : comme habituellement nous avons un boulot à côté de notre activité musicale, le confinement nous a permis plus de temps pour la musique… et entendre les oiseaux plutôt que les bruits de moteur, ma foi…

Avez-vous des craintes, des doutes, de la colère, des remises en question sur l’avenir ?

Bien sûr que non, nous sommes pleinement optimistes, l’humanité semble s’élever et prendre un chemin merveilleux fait d’intelligence, de bon sens et d’empathie.

Plus sérieusement, nous pensons que les chats, eux, ont tout compris..

Le confinement : c’est aussi une période qui peut être aussi propice à l’inspiration, à la réflexion sur d’autres manières de faire connaître son art ?

La période ne nous semble pas forcément plus propice à l’inspiration, celle-ci est juste différente. A vrai dire, nous n’avons presque rien créé durant le confinement au niveau compos, nous connaissant ce sera une sorte de « retour de flamme » qui nous prendra par surprise ultérieurement…

Par contre, les journées nous ont paru extrêmement courtes… On a alterné entre musique (jouer ensemble, mais aussi en profiter pour faire des choses que nous n’avions jamais le temps de faire, travailler sur les machines etc…) et, surtout, on a découvert le bonheur de se poser, de ne rien faire.

C’est vraiment appréciable par rapport à nos vies bien plus speed d’habitude, où on n’a le temps de rien ! Pour ce qui est de « faire connaître son art », pour nous le confinement ne change rien, nous restons noyés dans la masse.

On a peut-être fait deux ou trois démarches com’ en plus de d’habitude, mais sans plus. Ça nous soule de mendier de l’attention, les gens sont submergés. En revanche, nous sommes ravis de constater que nous avons une base de fans certes restreinte mais ravie de nous suivre, ça c’est vraiment cool ! Et les concerts live confinés, on n’aurait jamais cru y prendre autant plaisir !

Enfin, quelque dernier mot à dire…

Un énorme pensée à tous les gens qui galèrent, et il y en a beaucoup, en Occident comme ailleurs. Peace.

(interview : Hervé Collet )

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