interview

White Velvet, c’est un désir d’enfant devenu réalité, un univers indie pop raffiné qui s’est révélé à Juliette Richards après un voyage à Liverpool, en mélodies gracieuses et voix au velours sensible. N’hésitez pas à savourer son premier album, « Adulthood », sorti en Septembre 2019 !

Pouvez-vous présenter votre parcours ? Vous venez d’où ? Comment tout a commencé ? Quelles ont été les principales étapes et rencontres fondatrices de votre projet jusqu’à aujourd’hui ?

À la base, je viens de Uccle, où ma mère m’a mise au monde. Mon père, qui est metteur en scène, bossait et bosse toujours là-bas. Le milieu du spectacle et de la scène me plaisait et j’ai choisi la musique parce que j’adorais chanter. J’ai fait un tour au conservatoire où j’ai appris à jouer du saxophone, que j’ai mis dans un placard pendant un bon moment mais que je sors aujourd’hui pour mes chansons. J’ai eu beaucoup de mal à apprendre la musique scolairement alors pendant un moment après le conservatoire, je n’en ai plus fait, mais je chantais toujours beaucoup, dans ma chambre. À l’adolescence, j’ai repris la musique et depuis je n’ai plus rien fait d’autre. J’ai fait un tour à Liverpool pour une formation et pour faire de la musique là bas, et cette excursion est clairement fondatrice de mon projet White Velvet.

Quelle place occupe la musique dans votre quotidien ? Ressentez-vous la pratique musicale comme un « besoin vital », un moyen d’échapper un peu du quotidien, un désir d’exprimer votre être… ?

La musique, c’est mon quotidien mais, à la fois, j’ai besoin de silence, je ne supporte pas d’entendre en permanence de la musique. Donc je passe parfois des semaines sans musique. C’est par phase, j’ai des phases où je n’ai pas du tout besoin d’entendre ou de jouer de la musique. Par contre, quand je suis dans une phase musique, je pourrais passer une chanson ou un album que j’aime en boucle pendant des semaines. Et je passe mon temps à chanter.

Quand à la musique que je pratique, que je compose, elle traduit un besoin de m’exprimer, de faire part de mes sentiments. C’est ma manière de m’exprimer.

Parlons de votre professionnalisation : quels en ont été les déclencheurs ? Avez-vous rencontré des difficultés dans le cadre de cette professionnalisation ? Des aides et des rencontres en particulier vous ont-elles permis d’y croire et d’avancer ?

J’ai eu mon premier statut d’intermittente du spectacle en 2012 suite à une pièce de la cie Akte dans laquelle je composais et jouais la musique sur scène. C’est clairement ce qui a permis ma professionnalisation, officiellement, et qui m’a permis sur un plan personnel de croire en moi, parce qu’on m’a fait confiance. Depuis, je cours tous les ans après ce statut, qui me permet de continuer à faire de la musique, ma profession.

Les initiatives comme le Crossroads, ça représente une aide précieuse ?

Oui. Il est difficile d’aller directement au contact des professionnels, de parler de soi, et cette mise en lumière auprès de la filière musicale, et du public, est une aide pour faire le lien. C’est de plus un honneur que Crossroads estime et donne une place à ma musique.

Et quel a été l’impact de la crise sanitaire sur vos activités ? Avez-vous ressenti la nécessité de repenser votre mode de fonctionnement, d’aborder et de tester de nouvelles pistes pour vous faire connaître ou vous développer ?

Je n’ai pas fait de concert depuis huit mois. Crossroads m’a fait beaucoup de bien et tombait à un moment où je perdais espoir après l’annulation de tout ce que j’ai mis des mois à construire pour jouer sur scène.

Je n’ai, par contre, pas du tout fait partie des artistes qui ont eu la force de continuer à jouer derrière leur ordinateur.

Enfin, quelle est votre actualité et avez-vous un dernier mot à ajouter pour conclure cette échange ?

Je joue dimanche sur la terrasse du Tetris à 18:30 et après c’est la diffusion de ma session Crossroads le mardi 8 septembre à 22:20. Pour conclure, je suis très impatiente d’aller à un concert en tant que public, d’autant que le prochain, c’est Andy Shauf au 106.

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