chronique

FAT WHITE FAMILY
/ Album « Serfs Up ! »
/ Sortie le 19 avril 2019

// 3 ans se sont écoulés depuis Songs For Our Mothers où régnait cette somptueuse anarchie musicale. Mais la Fat White Family n’a pas chômé depuis car de nombreux projets parallèles ont été menés par divers de ses membres (The Moonlandingz et Insecure Men). De même, pas mal de péripéties personnelles du genre addictives sont venues mettre en péril la formation. Mais toute cette énergie a été canalisée, et c’est forte de ces diverses aventures que la Fat White Family accouche de son troisième album Serfs Up ! qui est cohérent, plus accessible et bien plus subtil dans sa musicalité.

Parlons en de cet univers musical : ici, aucun morceau ne se ressemble car le panel est volontairement large sans être foutraque. Le titre d’ouverture Feet débute avec un tempo boite à rythme et une mélodie dark wave dignes du meilleur du début des années 80. Kim’s Sunset (en référence au « Rocketman » de Corée du Nord) nous fait pénétrer dans une pop atmosphérique particulièrement envoutante. Le titre suivant Fringe Runner est une ode parfaitement réussie au meilleur du glam : le riff de guitare et la ligne de basse sont outrageusement sexy, les chœurs et la voix sont fiévreuses … Un titre très attendu en live !

Fat White Family ravie nos oreilles mais également nos mirettes : la vidéo accompagnant le titre Tastes Good With The Money rend hommage au grand univers du n’importe quoi des maîtres en la matière les Monty Pythons : garden party élégante entre gens de bonne compagnie complétement tournée en dérision avec des litrons d’hémoglobine et de ridicule. La cadence chaloupée du morceau est d’autant plus valorisée par la participation de Baxter Dury qui nous régale de sa voix de dandy en robe de chambre. Notons tout de même que le titre fait ici référence au tragique incendie de la Glenfell Tower à Londres, où quand le profit vaut plus que la sécurité des gens modestes.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes nous est accordée avec le morceau Oh Sebastian qui réunit violons et chœurs féminins langoureux, ainsi que Vagina Dentata, à la mélodie friponne et au saxophone aguicheur (le titre étant un brin évocateur).

Cet album est déroutant tant, encore une fois pour ce groupe, il est impossible de lui coller une étiquette. Ce qui en ressort est une addiction dès la première écoute car chaque morceau affiche une incroyable alchimie : la guitare accrocheuse, le beat percutant ou plus simplement la dynamique parfaite qui fait que l’on ne zappe pas le titre avant sa fin.

C’est festif, c’est très bien fait, et la perspective de retrouver en live la Fat White Family est réjouissante : elle sera à Strasbourg le 31 mai à la Laiterie, à Paris le 13 juin à l’Elysée Montmartre et en festival au This Is Not A Love Song à Nîmes le 30 mai, à la Magnifique Society à Reims le 14 juin, et aux Nuits Secrètes à Aulnoye Aymeries le 28 juillet. Vous a t-on précisé que la folie des disques se répercute sur scène? Alors n’hésitez plus.

La Note : 9/10

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